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Les lampes basse consommation d’énergie

Publié en ligne le 19 juin 2009 - Ondes électromagnétiques -

Dans le contexte de la promotion des lampes à basse consommation d’énergie (LBC ou lampes fluocompactes) et la suppression progressive des lampes à incandescence, certaines voix se sont émues des effets possibles (considérés comme certains dans ces publications) sur la santé en raison du rayonnement électromagnétique de ces dispositifs. Mesures à l’appui, ces voix affirment que les émissions sont au-dessus de la norme française d’exposition au champ électromagnétique. En fait, les auteurs de cette étude 1 n’ont pas fait de mesure en analysant le spectre des fréquences émises.

De fait, les LBC fonctionnent selon le principe bien connu des tubes fluorescents. Elles émettent des champs électromagnétiques dans plusieurs gammes de fréquences, de 50 Hz à 10 MHz. Cependant, les mesures effectuées 2 dans ces différentes gammes, sur mandat de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) et de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) sont très inférieures aux niveaux indiqués dans la Recommandation européenne de juillet 1999 sur l’exposition du public aux champs électromagnétiques (1999/519/CE).

C’est également l’avis rendu le 23 septembre 2008 par le SCENIHR 3. Ce comité a examiné trois caractéristiques de ces lampes : l’éclat, les champs électromagnétiques et les UV. Le comité a identifié, en l’absence d’étude précise sur les LBC, que le léger rayonnement UV/lumière bleue pourrait être un facteur de risque pour l’aggravation des symptômes chez quelques patients sensibles à la lumière, dans le cas d’exposition prolongée et rapprochée, à moins de 20 cm. Aucune indication n’a été retrouvée qui montrerait que les champs électromagnétiques ou l’éclat pourrait avoir des conséquences sur la santé.

Depuis, suite à la publication de recherches financées par le NIH 4, les experts du NIEHS 5 ont rendu un avis en novembre 2008, qui est que les LBC n’aggravent pas les symptômes cutanés chez les personnes ayant des affections dermatologiques.

Finalement, ces données suggèrent que les lampes à basse consommation sont sûres et peuvent être substituées aux ampoules à incandescence standard 6, contribuant ainsi de manière non négligeable aux économies d’énergie. En revanche, il faut avoir conscience que ces lampes basses consommation ne doivent absolument pas finir dans notre poubelle mais partir dans le circuit du recyclage en raison de la faible quantité de mercure qu’elles contiennent. Reste à savoir comment celui-ci sera organisé.

Le commerce des inquiétudes

Peu importe la réalité des dangers, il y a un marché associé aux peurs et craintes qui se développent dans le public. En témoigne l’initiative prise par une petite entreprise monégasque : « Une ampoule basse consommation avec filtre anti-radiation ? Telle est l’innovation présentée fin janvier 2008 par ITS, une PME monégasque spécialisée dans la protection et la sécurité électronique, en réponse aux observations du CRIIREM. “D’un point de vue technique, assure ITS, le problème n’est pas trop compliqué à résoudre”. En modifiant le circuit et en blindant la douille avec ce filtre anti-radiation, nous sommes descendus à 0 V/m à 50 cm d’une ampoule de 20 W, et moins de 1,8 V/m à 20 cm. Ce qui est 40 fois inférieur aux ampoules à économie d’énergie classiques. Vendues à un prix de 6 à 7 euros l’ampoule d’une puissance de 9 à 20 W, les négociations avec la grande distribution sont en cours. »

J.-P. K.

Source : https://www.novethic.fr/actualite/e...

1 Communiqué » de presse du 21/08/2007 par le CRIIREM et Arca Ibérica.

2 http://www.bag.admin.ch/themen/strahlung/00053/00673/02326/index.html (disponible sur archive.org—17 Nov 2019).

3 Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks, Light Sensitivity. The SCENIHR adopted this opinion at the 26th Plenary, on 23 September 2008.

4 The National Institut of Health

5 The National Institute of Environmental Health Sciences. Environmental Factor, 11/2008.

6 Chignell CF, Sik RH, Bilski PJ. “The photosensitizing potential of compact fluorescent vs. incandescent light bulbs”. Photochem Photobiol, 2008, 84(5) : 1291-1293.

Publié dans le n° 285 de la revue


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L' auteur

Martine Souques

Médecin de santé publique et épidémiologiste, en charge de l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux liés (...)

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