L’historienne face aux archives et aux mythes
Publié en ligne le 15 janvier 2026 - Masculin et féminin -
Les notes de bas de page sont de la rédaction de Science et pseudosciences.
SPS. Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur la chasse aux sorcières ?
Maryse Simon. Mon travail de thèse en histoire des religions et des mentalités, soutenu en 2003, s’intitulait Les Affaires de sorcellerie dans le val de Lièpvre (XVIe – XVIIe siècles) [1]. Le déclencheur de mon intérêt pour les sorcières fut un phénomène contemporain : la découverte que se célébrait en Alsace une fête des sorcières, avec chars et jeunes femmes qui se déguisaient, avec peut-être, en plus de s’amuser, une volonté de réhabiliter les sorcières historiques. En étudiant les chasses aux sorcières de l’époque moderne, du XVe au XVIIIe siècle, je me suis rendu compte qu’il y avait entre elles un lien de voisinage, de relations humaines. Le sous-titre de ma thèse a donc été « Brûler sa voisine », parce que l’on s’aperçoit que les accusées étaient des connaissances au sein d’un village, d’un quartier ou d’un groupe. Je me suis demandé comment on pouvait brûler vives, l’une des plus terribles mises à mort, des femmes que l’on avait pourtant côtoyées, qui avaient pu être une amie, une voisine, voire la marraine d’un de vos enfants. Comment pouvait-on en arriver là ?
C’est avec ces questions que je suis entrée dans ce sujet dès mes années d’étude, il y a plus de trente ans, avec la volonté de comprendre l’injustice de ces exécutions de femmes accusées d’être des sorcières, et qui ont été victimes de telles extrémités au sein d’un groupe.
Par quels mécanismes la chasse aux sorcières s’est-elle propagée en Europe à l’époque moderne ?
Les décisions de chasse aux sorcières sont venues d’en haut, mais elles ne peuvent être mises en œuvre que si la population suit. C’est pour cela qu’il y a une grande disparité dans l’intensité de la persécution des actes qualifiés de sorcellerie. Dans les régions où cela a trouvé un écho, où des populations y ont trouvé un intérêt, les vagues de persécutions ont pu être intenses. Dans d’autres endroits, où la population était réticente, très méfiante vis-à-vis des injonctions des autorités, cela ne prenait pas. De la même manière, même si cela peut paraître paradoxal, les pays d’Inquisition tels que l’Italie et l’Espagne ont été marqués par un nombre bien moins important de procès de sorcellerie : les personnes accusées d’être des sorcières n’y étaient pas les cibles premières des autorités ecclésiastiques qui traquaient les « hérétiques » à proprement parler.
Comment appréhendez-vous le rapport au surnaturel dans le cadre de vos recherches ?
Bien sûr, en tant qu’historienne qui travaille sur des phénomènes présentés comme surnaturels, je me pose la question de la réalité de ceux-ci. Mais il ne peut y avoir comme réalité que celle des rituels, des faits. Au-delà, nous entrons dans le domaine des croyances et, là, il ne peut pas y avoir de vérité. Dans ma recherche, la question de la réalité des faits tient une certaine place, mais le travail archéologique de recherche des preuves n’a pour l’instant abouti à rien : personne n’a par exemple trouvé d’onguent supposé magique qui ait été testé de façon scientifique pour valider ses propriétés.
Mon travail, en tant qu’historienne, consiste plutôt à voir comment étaient considérées les preuves à l’époque de la chasse aux sorcières. Par exemple, bon nombre d’accusés – et de juges – font mention d’onguents, de poudres et de diverses substances aux propriétés magiques, utilisés pour s’enduire le corps afin de permettre, prétendaient-ils, le vol vers le sabbat (assemblée nocturne de sorcières). La question de la preuve de l’existence de ces phénomènes est parfois abordée dans les cours de justice locales, mais sans qu’il y ait de réelle recherche de preuves formelles, puisque l’aveu est alors considéré comme la meilleure des preuves. Aucun témoin n’a assisté à un sabbat. Certains affirment avoir vu des femmes échevelées de nuit ou au petit matin, et donc supposent ou fantasment qu’elles reviennent du sabbat, mais personne ne se présente comme un témoin direct d’une telle scène, au risque d’être soi-même accusé de sorcellerie et avouer sa participation.
La question de la preuve figure dans beaucoup de procès autour d’une idée de « bon sens » à laquelle ont recours beaucoup de femmes accusées de pratiques magiques. Elles peuvent dire par exemple : « On m’accuse de m’être transformée en chat et d’avoir ensuite commis tel ou tel méfait, mais comment la masse de mon corps tiendrait-elle dans celle d’un chat ? » Une croyance de l’époque postule aussi que si l’on blesse un animal diabolique à la patte, la sorcière en garde les séquelles lorsqu’elle reprend sa forme humaine, ce qui permettrait de la reconnaître. Des femmes accusées de sorcellerie doivent alors expliquer leurs blessures par une chute ou des coups reçus de leur mari, et mettre en avant l’antériorité de ces blessures. La logique et la chronologie des événements sont donc convoquées, mais le caractère magique des faits évoqués complique l’établissement rationnel des preuves. D’autant plus que nous sommes là dans un monde précartésien au sein duquel nos critères de vérification ne sont pas encore appliqués.
Comment l’écoféminisme 1 a-t-il utilisé la figure de la sorcière ?
La figure de la sorcière a été récupérée par beaucoup d’idéologies, et notamment par des mouvements féministes, et ce depuis le XIXe siècle. Une des premières à le faire est l’Américaine Matilda Joslyn Gage (1826-1898), qui a publié un ouvrage dans lequel elle associe la sorcière au féminisme et à la lutte contre l’oppression masculine [2]. Cet ouvrage est truffé d’erreurs, et c’est elle qui avance le chiffre complètement faux de neuf millions de femmes qui auraient été exécutées. Ce chiffre est aberrant : on converge aujourd’hui vers 100 000 accusées et 50 000 exécutions. Mais il a pourtant été repris, parce que ce discours était fascinant et semblait pouvoir aider la cause. La non-véracité est contreproductive, et diffuser des erreurs ne devrait pas pouvoir faire avancer une cause.
Ce mouvement initié au milieu du XIXe siècle a été prolongé par d’autres, et notamment par l’anthropologue anglaise Margaret Murray (1863-1963) qui a prôné le culte de Diane 2 et a inspiré le mouvement de la wicca 3. Celui-ci a été initié au milieu du XXe siècle par un homme, l’écrivain ésotérique Gerald Gardner (18841964), qui a promu certains cultes où l’on rapprochait la femme de la nature. C’est un discours encore séduisant de nos jours pour de nombreuses femmes, peut-être parce qu’il retourne le stigmate qu’ont subi toutes ces femmes exécutées et constitue une source d’inspiration et de confiance en soi. C’est là tout le discours de Mona Chollet, dont le livre a pour sous-titre « La puissance invaincue des femmes ». Mais ces femmes ont malheureusement été vaincues et brûlées sur des bûchers ou exécutées, et il est très paradoxal de les utiliser ainsi. La quasi-totalité des femmes accusées de sorcellerie ont nié ce qu’on leur reprochait, et n’ont avoué que sous la pression, psychologique et surtout physique, avec la torture. Leurs aveux ne peuvent donc pas constituer une preuve de leurs croyances, et elles-mêmes ne se considéraient pas comme des sorcières. Même lorsqu’elles avaient avoué une première fois, certaines revenaient sur leurs déclarations devant la cour de justice, quand elles n’étaient plus torturées.
De plus, les profils des femmes accusées de sorcellerie sont vraiment très variés. Parmi elles, il y a très peu de femmes que l’on pourrait qualifier de « rebelles », même si elles se défendent contre leurs accusateurs. « Rebelle » évoque l’idée d’une opposition consciente à la société ou à une oppression masculine. Cette image de la sorcière rebelle est le produit, en France, de l’ouvrage La Sorcière (1862) de l’historien Jules Michelet, qui a développé des thèses très romantiques qui ne correspondent pas à la réalité des faits. Il y a eu des femmes courageuses qui défendaient leurs intérêts mais, par exemple, il n’y a pas eu de mouvements pour évoquer leur condition et formuler des revendications. C’est une image construite au XIXe siècle et qui continue d’être alimentée aujourd’hui.
Les sorcières étaient-elles des femmes guérisseuses persécutées par un pouvoir médical aux mains des hommes ?
Il y a, à propos des sorcières, l’image de la « guérisseuse » ou de la « sage-femme », à laquelle on veut opposer la science. L’écrivaine Barbara Ehrenreich et la journaliste Deirdre English ont ainsi publié en 1973 un ouvrage qui s’intitulait Sorcières, sage-femmes et infirmières. Mais tous les guérisseurs n’étaient pas des femmes, et toutes les sage-femmes n’ont pas été accusées d’être des sorcières. Et toutes les femmes accusées d’être des sorcières n’étaient pas des sagefemmes ou des guérisseuses. S’il y a bien un essor concomitant des universités de médecine et des médecins, la concurrence avec les guérisseurs et les sage-femmes n’était pas directe : l’accès aux médecins n’était pas courant, et les guérisseuses et sage-femmes gardaient leurs fonctions dans la plupart des cas. Il n’y a pas de stricte opposition. Bien sûr, le développement des sciences a conduit à introduire une certaine forme de rationalité. Mais on est encore dans un système de pensée médicale hérité de Galien, avec les théories des signatures ou des humeurs 4, et non dans une médecine rationnelle et scientifique.
Georges Merle (1851-1886)
Jean Wier (1515-1588) était un médecin qui a publié en 1563 un ouvrage sur les impostures et tromperies des diables, des enchantements et sorcelleries, dans lequel il affirmait que les femmes accusées de sorcellerie ne devaient pas l’être [3]. Il prend effectivement leur défense, mais pas parce qu’il pense que la sorcellerie n’existe pas. Lui suppose qu’il existe surtout des magiciens dangereux qui ont fait un pacte avec le diable, et que les femmes accusées de sorcellerie sont plutôt des malades qu’il faut soigner, et même des « mélancoliques » qui sont victimes du diable. Il a quand même pointé le fait que n’importe qui peut avouer n’importe quoi sous la torture, mais avec toujours, en arrièreplan, la mentalité misogyne du XVIe siècle.
De la même manière, le juriste Jean Bodin (décédé en 1596) apparaît comme un esprit avancé de la Renaissance en matière de théorie politique, un pionnier de la modernité. Mais c’est aussi lui qui a écrit La Démonomanie des sorciers. Il n’y a pas de contradiction dans le contexte intellectuel de l’époque.
La chasse aux sorcières est aujourd’hui parfois présentée comme « sexocide » de masse. Était-ce le cas ?
Il est difficile d’appliquer la notion de « féminicide » à la chasse aux sorcières 5. En effet, ce mot signifie littéralement que l’on tue des femmes parce qu’elles sont des femmes. Or les sorcières sont un tout petit groupe parmi les femmes, et la chasse aux sorcières n’a jamais cherché à tuer toutes les femmes, ni à les éradiquer de la surface de la Terre. Elle voulait en débusquer certaines pour les extirper, afin de trier le bon grain de l’ivraie. Cette idée de « féminicide » ne s’applique donc pas à la chasse aux sorcières, d’autant moins qu’il ne s’agit pas d’un phénomène exclusivement féminin : dans certaines régions comme la Normandie ou l’Islande, la sorcellerie était un phénomène majoritairement masculin.
Le fait est que parmi les « démonologues » qui ont théorisé la chasse aux sorcières, notamment dans le Malleus Maleficarum 6, on parlait de « sorcières » (avec un « e ») au nom du fait qu’il y a quantitativement plus de femmes que d’hommes persécutés. Mais Jean Bodin parle, dans son livre, de la « démonomanie des sorciers » (sans « e ») parce qu’il considère que ce crime est humain et donc masculin et féminin. Silvia Federici commet une grave erreur d’appréciation quand elle veut interpréter cette persécution des crimes de sorcellerie selon une logique essentiellement sexiste. Les théoriciens de la chasse aux sorcières et les accusateurs au sein des villages étaient bien sûr empreints de sexisme et de misogynie, mais il n’y avait pas de volonté d’éradiquer toutes les femmes.
Il existe bien d’autres problèmes d’argumentation dans son ouvrage. Dans l’édition française de 2014, elle répète les mêmes erreurs que ce qu’elle écrivait trente ans plus tôt et qu’elle avait conçu dans la période post-Mai 68. Il n’y a pas eu de réelle mise à jour, aucune confrontation avec les études historiques produites depuis, qui pourtant vont dans le sens contraire de beaucoup de ses affirmations.
Quel est la place de l’historien dans le débat public ?
Il se pose ainsi un problème de manipulation de l’information. Vouloir se réapproprier une figure historique dans un débat actuel peut conduire à distordre la réalité des faits. Quand, dans des manifestations, certaines jeunes femmes brandissent des pancartes affirmant : « Nous sommes les petitesfilles des sorcières que vous avez brûlées » ou « que vous n’avez pas pu brûler », cela revient à essentialiser les femmes victimes, les réduire à une accusation qu’elles rejetaient, mais que les manifestantes corroborent. Les femmes victimes sont mortes en hurlant qu’elles n’étaient pas des sorcières. Cette façon de traiter avec légèreté le fait historique heurte la sensibilité de l’historienne que je suis.
Pour autant, la sorcière est devenue une figure iconique. Elle appartient à tout le monde et peut être utilisée par tout le monde. Beaucoup de jeunes femmes se disent sorcières et monnayent sur Internet tout un arsenal d’incantations ou de produits. Elles se sentent investies d’un pouvoir magique et veulent en tirer profit ou le partager sous d’autres formes. Il est possible de s’approprier une figure publique et en faire ce que l’on veut.
Mais quand on est universitaire, quand on veut affirmer des choses, il faut pouvoir étayer son argumentation, prouver ce que l’on dit et être responsable. L’Histoire est une interprétation, et l’historien doit rester humble. On ne peut pas faire dire à nos sources plus que ce qu’elles peuvent dire. Il faut savoir les lire pour débusquer les non-dits, mais il faut rester vigilants à ne pas extrapoler. Faire un essai de psychologie rétroactive à cinq cents ou mille ans de distance est une entreprise hasardeuse. Les historiens travaillent sur des sources, et, en ce qui concerne la chasse aux sorcières, celles-ci sont le plus souvent les imprimés des théoriciens qui manient bien la langue et ont une réflexion construite. Mais ce ne sont pas les seules. Dans les procès, dans les aveux extorqués et dans les témoignages des voisins, on trouve une part de véracité, malgré le filtre de la procédure. Ce sont dans ces interstices que l’on peut véritablement entrevoir ce qu’étaient les mentalités de l’époque. Il faut alors savoir faire la part des choses, et ce sont les compétences et l’expertise du professionnel, de l’historien, qui permettent de déterminer si quelque chose est crédible, éventuellement original et exceptionnel, ou simplement le reflet d’un modèle descendu verticalement depuis les écrits théoriques des élites et qui a ruisselé jusque dans l’esprit des villageois. Les « démonologues » doivent parfois pratiquer une certaine gymnastique mentale qui tienne compte de croyances populaires, afin de faire adhérer les populations à la chasse aux sorcières et susciter adhésion et dénonciations.
Tout cela ne peut être saisi qu’à travers une lecture très vigilante des nombreuses sources pour appréhender ces non-dits.
Il y a bien sûr des exceptions, quelques femmes qui étaient des rebelles. Parfois, en lisant des comptes rendus de procès, on peut avoir l’impression que certaines d’entre elles se sont peut-être demandé si elles n’avaient pas effectivement été l’objet d’une manipulation du diable à leur insu. On est dans un monde où les gens croient en un dieu, au diable, aux anges, aux forces magiques et surnaturelles. Mais, faute de certitudes, on ne peut que poser la question.
Silvia Federici et Mona Chollet 7 ont bien sûr le droit d’émettre un point de vue. Nous, historiens, devons dénoncer les erreurs et les rectifier, mais laisser les opinions s’exprimer.
1 | Simon M, Les Affaires de sorcellerie dans le val de Lièpvre : XVIe et XVIIe siècles, Société savante d’Alsace et des régions de l’Est, 2006. Sur laprocure. com
2 | Gage MJ, Woman, Church and State, 1893. Sur gutenberg. org
3 | Wier J, De praestigiis daemonum, 1563. Traduit du latin au français en 1567 sous le titre Cinq Livres de l’imposture et tromperie des diables et enchantements et sorcelleries. Sur gallica. bnf. fr
1 L’écoféminisme est un courant qui se fonde sur l’analogie entre l’exploitation de la nature et celle des femmes par les hommes.
2 Dans la mythologie romaine, la déesse Diane est associée à la procréation, à la nature et à la chasse.
3 Mouvement religieux néopaïen qui, à l’instar du New Age par la suite, syncrétise des éléments venus de diverses mythologies polythéistes ou animistes.
4 Galien était un médecin du IIe siècle, qui a repris d’Hippocrate la théorie des humeurs selon laquelle le corps humain est parcouru de quatre fluides différents correspondant aux quatre éléments fondamentaux, qui doivent s’équilibrer pour assurer une bonne santé. La théorie antique des signatures postule que la forme des êtres vivants, et tout particulièrement des végétaux, révèle leurs fonctions. Des traces de ces conceptions archaïques se retrouvent aujourd’hui dans des pseudo-médecines telles que l’homéopathie ou la « médecine traditionnelle chinoise » (dans laquelle par exemple la corne de rhinocéros aurait des vertus érectiles).
5 Silvia Federici, théoricienne féministe, a écrit plusieurs ouvrages sur les sorcières où elle explique que « la chasse aux sorcières fut une guerre contre les femmes : c’était une tentative concertée pour les avilir, les diaboliser et pour détruire leur pouvoir social », évoquant même à ce propos un « génocide »(Caliban et la sorcière, Entremonde, 2016).
6 Célèbre traité de démonologie, rédigé par des Dominicains vers 1486. C’est en quelque sorte le manuel de ceux qui se lancent dans la chasse aux sorcières.
7 Mona Chollet est une journaliste et essayiste féministe dont le best-seller Sorcières, la puissance invaincue des femmes(Zone, 2018) revisite la figure de la sorcière comme emblème de la puissance féminine contemporaine.
Publié dans le n° 354 de la revue
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Les auteurs
Maryse Simon
Historienne à l’université de Strasbourg, spécialiste de l’histoire de la sorcellerie.
Plus d'informationsYann Kindo
Yann Kindo est enseignant en histoire-géographie. Il est l’auteur du blog La Faucille et le Labo
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