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La science-fiction peut-elle changer le monde ?

Publié en ligne le 27 avril 2021 -

Dans son essai de 1981, « L’influence de la science-fiction » [1], Isaac Asimov faisait un constat qui, près de quarante ans plus tard, reste étonnamment d’actualité : la science et la technologie ont certes évolué de plus en plus vite au cours du dernier siècle, à un rythme qui ne semble pas devoir se ralentir, mais la société dans son ensemble a du mal à suivre, et tend à chercher dans le passé des repères ou un refuge contre ce bouleversement. Penser un monde en mouvement constant est un effort mental et psychologique non négligeable.

Or il existe une branche de la littérature fondée sur l’idée que le changement est possible et que le futur ne sera pas la réitération du passé : la science-fiction. Ne peut-elle être mise à contribution pour aider les gens à apprivoiser notre monde technologique en perpétuelle évolution ? Voire pour préparer ses futures évolutions ?

Le bus-baleine
Toutes les illustrations de cet article proviennent de En l’an 2000, une série de 87 dessins réalisés entre 1899 et 1910 (la plupart dus à l’artiste Jean-Marc Côté) et représentant les progrès scientifiques imaginés pour l’an 2000. Le seul jeu de cartes connu a été acquis par Isaac Asimov qui les a présentés dans son ouvrage Futuredays : A Nineteenth Century Vision of the Year 2000 (Henry Holt and Company, 1986)

Influence de la science-fiction sur la science

C’est là une idée qui revient fréquemment sous la plume des auteurs de science-fiction (SF) qui développent une réflexion sur leur pratique. Certains exemples d’inspiration directe de chercheurs ou inventeurs par des œuvres de l’imaginaire sont bien connus : ainsi, la lecture de De la Terre à la Lune de Jules Verne (paru en 1865) par le jeune Russe Constantin E. Tsiolkovski (1857-1935) a stimulé son intérêt pour l’exploration spatiale et contribué à faire de lui un précurseur de l’astronautique. On lui doit notamment la description dès 1903 d’un propergol liquide hydrogène/oxygène comme carburant idéal pour les fusées ; et surtout l’équation fondamentale qui relie l’accélération d’une fusée à la diminution de sa masse due à la combustion du carburant, dite équation de Tsiolkovski [2]. Ces travaux inspireront certains pionniers des fusées russes et allemands dans les années 1920 et 1930, dont Herman Oberth (recruté après la guerre par la Nasa) et Valentin Glouchko, qui eux-mêmes joueront un rôle dans la course à l’espace entre Soviétiques et Américains [3].

Isaac Asimov lui-même, dans l’article cité, mentionnait le cas de Joseph F. Engelberger (1925-2015), co-fondateur de la société Unimation en 1957, la première entreprise de robotique au monde : cet ingénieur s’était passionné pour ce sujet dès les années 1940 en lisant ses récits de robots « positroniques » parus en magazine, bref ce qui allait devenir le « Cycle des Robots ». Le mot robotique lui-même est une création d’Asimov, apparu dans une nouvelle de 1940 dans l’expression devenue fameuse : les « trois lois de la robotique ». Il bâtissait sur un autre néologisme, « robot », d’après le tchèque robota, signifiant travail forcé, utilisé par Karel Čapek dans sa pièce de science-fiction R.U.R. (1920) et repris dans de nombreuses langues.

Il y a bien sûr un fossé technologique entre le canon interplanétaire de Jules Verne et les expériences de Tsiolkovski sur les ergols ; ou entre les robots intelligents d’Asimov et les automates industriels qui ont pris place sur les chaînes d’assemblage dans les années 1960. Il est rare qu’un récit de science-fiction aille plus loin que simplement suggérer une possibilité technologique pour construire son récit, en apportant une explication scientifique précise.

C’est ce que l’écrivain de SF contemporain Neil Stephenson appelle la « théorie du hiéroglyphe » : un bon roman ou film de SF présente une réalité alternative cohérente où un changement technologique majeur a eu lieu, et cet univers fait sens et inspire des scientifiques et des ingénieurs qui à leur tour s’emparent de la question. L’innovation évoquée dans l’œuvre ne donne généralement pas lieu à des applications directes, mais joue le rôle d’un hiéroglyphe pour l’imagination : un symbole immédiatement reconnaissable, et qui porte en lui une idée qui va au-delà de la simple représentation d’un objet [4].

Il peut alors se créer un effet boule de neige de l’innovation : ainsi la construction de la Tour Eiffel, dans les années 1880, alors la structure artificielle la plus haute du monde, a-t-elle inspiré à d’autres inventeurs le désir de la dépasser. L’un d’entre eux était Tsiolkovski, déjà intéressé par l’exploration spatiale, comme on l’a vu, à qui cela suggérera dès 1895 l’idée d’une tour de 36 000 km de haut, pouvant servir d’ascenseur pour amener des charges en orbite géostationnaire [5]. En 1928, l’ingénieur slovène Herman Potočnik (1892-1929) détaille le concept de satellite géostationnaire dans un document en allemand qui inspire directement des pionniers des fusées comme H. Oberth déjà cité [6], mais fait aussi l’objet dès 1929 d’une traduction anglaise dans le magazine américain Science Wonder Stories, qui publie à la fois récits de science-fiction et nouvelles scientifiques [7]. L’idée d’utiliser un satellite en orbite géostationnaire pour la communication est ensuite formulée par deux auteurs de SF : l’Américain George O. Smith en 1942 dans le cadre d’un récit de fiction [8], puis le Britannique Arthur C. Clarke en 1945, sous forme de proposition technique, dans une revue savante [9]. L’ascenseur spatial n’a pas été mis en pratique, et ne le sera peut-être jamais ; en revanche les satellites géostationnaires ont révolutionné les télécommunications, la météorologie, la navigation maritime et aérienne.

Ces quelques exemples permettent de cerner les propriétés que doit avoir une idée de science-fiction pour jouer le rôle de hiéroglyphe de l’innovation. D’une part, elle doit être assez simple pour pouvoir être communiquée en quelques mots, afin de toucher un public aussi large que possible sans se dénaturer au passage : ici, un projectile qui s’affranchit de la pesanteur terrestre pour atteindre la Lune ; des robots autonomes qui peuvent remplacer l’être humain dans les tâches industrielles dangereuses ; un objet positionné dans l’espace de façon à accompagner la rotation terrestre sans s’éloigner…

L’autre caractéristique indispensable d’une telle idée, c’est son ambition. Une tour de 36 000 km de haut, une fusée capable d’atteindre la Lune, un robot qui peut répliquer l’intelligence humaine : ce n’étaient pas de petits ajustements incrémentaux des sciences et techniques existantes, mais des sauts conceptuels assez vastes pour enflammer l’imagination.

À l’école

Influence de la science-fiction sur le public

Ces « idées-hiéroglyphes » véhiculées par la SF ont également une influence sur le public en général, qu’il s’agisse d’élus, d’entrepreneurs ou de gens comme vous et moi, qui sont ainsi conduits à s’intéresser à l’innovation, et d’abord à la croire possible. Tout cela a forcément des répercussions aux différents niveaux de décision : ce n’est pas pour rien que l’administration Reagan a repris à son compte l’expression « guerre des étoiles » (Star wars) utilisée par la presse en 1983 pour désigner son fameux programme de défense anti-missiles [10].

Le prêt-à-porter

Tous les récits de science-fiction ne portent pas en eux des invitations à aborder positivement le futur, loin de là. Un des auteurs de SF les plus influents du XXe siècle, Ray Bradbury, écrivant en plein « âge d’or » du genre, a laissé une œuvre pessimiste sur les usages de la technologie : dans Chroniques martiennes [11], les voyages interplanétaires aboutissent à la disparition de l’antique civilisation martienne ; dans Fahrenheit 451 [12], l’interdiction des livres et l’omniprésence des appareils audiovisuels (dont ce qui peut être considéré comme la préfiguration du baladeur) contribuent à abrutir l’humanité et à asseoir une dictature…

Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que les opposants aux biotechnologies invoquent le monstre de Frankenstein, exemple de « vie artificielle » qui tourne mal [13], ou encore la déshumanisation décrite dans Le Meilleur des mondes [14] ; ni que les géants de l’Internet sont qualifiés de Big Brother [15].

Quelle peut être l’influence de telles représentations négatives ? La science-fiction appelle dystopies ce genre de prédictions pessimistes, un terme calqué sur « utopie » mais évidemment à rebours. De tels motifs dystopiques ne laissent pas indifférents : agonie d’un peuple dans les Chroniques ou société sans livres de Farenheit 451 sont à la fois simples, de grande ampleur et frappent l’imagination : bref ils répondent à la définition des « hiéroglyphes » de Stephenson. On pourrait en dire autant d’autres cauchemars célèbres de la science-fiction : la procréation industrialisée du Meilleur des mondes, la surveillance omniprésente de 1984, ou le chaos provoqué par la disparition subite de l’électricité dans Ravage de René Barjavel [16], précurseur d’innombrables récits post-apocalyptiques.

Chacun de ces scénarios met en garde contre de possibles effets délétères de la technologie, ou même contre une trop grande dépendance envers elle, comme dans le cas de Barjavel, dont l’idéal réactionnaire (au sens strict du terme) de retour à la terre et à une vie « simple » est indéniable.

Alors, la science-fiction est-elle la meilleure avocate de l’innovation, dans l’optique d’Asimov et de Stephenson, ou bien sert-elle à nous en détourner à grand renfort de dystopies ?

La radio à la maison
© François Folliot

Le meilleur ou le pire des mondes ?

La croyance à un effet négatif possible de la SF est clairement présente chez ceux qui la pratiquent. En 2014, l’éditrice américaine Kathryn Cramer présentait une anthologie inspirée par le concept du « hiéroglyphe », les grandes idées qui stimulent l’imagination, dans un article intitulé de façon transparente : « Assez de dystopies : il est temps pour les auteurs de SF d’imaginer de meilleurs futurs » [17].

Cependant, plutôt que de précéder une prise de conscience de la société, dans un sens ou dans l’autre, la science-fiction aurait plutôt tendance à la suivre. Il n’y a jamais eu autant de futurs post-apocalyptiques dans la fiction que depuis les chocs pétroliers des années 1970 [18], rappel brutal que les ressources de notre confort moderne ne sont pas accessibles à volonté. Le genre existait déjà, mais le succès populaire de livres comme Le Fléau, de Stephen King [19] ou des films Soleil Vert (1973) et Mad Max (1979), est à replacer dans le contexte de la période.

Et puis il y a des idées de science-fiction qui n’atteignent jamais le stade de hiéroglyphe, malgré un potentiel certain. Si je dis : ectogenèse, utérus artificiel, gestation hors du corps maternel, ce n’est probablement pas l’idée de progrès et de libération de la femme qui viendra à l’esprit de la plupart des gens, mais un sinistre processus eugéniste dans la droite ligne du Meilleur des mondes.

Science et science-fiction chez Jules Verne


« Sur une soixantaine de romans, il n’y en a qu’une dizaine chez Verne qui relèvent de la conjecture scientifique ou technologique au sens strict. Sinon, ce sont plutôt des romans d’aventures de type Michel Strogoff et surtout des périples à travers l’inconnu, des “voyages extraordinaires”. Mais c’est justement cette dizaine de romans scientifiques qui ont, d’une certaine manière, assuré la fortune posthume de l’écrivain, et fait l’objet d’adaptations filmées notables. Par exemple le film de Richard Fleischer en 1954, dans lequel James Mason joue le rôle du capitaine Nemo, et où il se retrouve aux prises avec un calmar géant mécanique… Il faut bien reconnaître que pour nous, Jules Verne, c’est essentiellement le Nautilus, l’hélicoptère de Robur le conquérant, et donc des objets technologiques qu’il n’a pas inventés, mais qu’il a réussi à situer dans un imaginaire spécifique. Il me semble qu’il y a un accord entre l’univers mental du créateur individuel et l’imaginaire collectif, et plus précisément l’Imaginaire scientifique qui est en pleine floraison à l’époque […].

Chez lui, la spéculation scientifique est généralement ouatée de prudence. Il ne faut pas oublier que Verne écrit avec un propos didactique. Il n’ajoute quelque chose que quand il est sûr du socle de science de son temps. Plusieurs exemples : il n’ajoute un Homme du Tertiaire 1 de grande taille, berger des Mastotondes, que dans la 2e édition de 1867 du Voyage au centre de la Terre, et après que des pionniers comme Édouard Lartet ou Gabriel de Mortillet ont affermi les positions de la jeune préhistoire et que le concept d’un Homme du Tertiaire a paru gagner du terrain. En 1864, dans la première édition du Voyage au centre de la Terre, il n’était donc pas question pour Verne de lancer cette conjecture, parce qu’il n’avait pas assez d’éléments qui lui paraissaient l’autoriser. Voilà comment il travaillait. Un autre exemple. Dans un roman tardif qui s’intitule Les Histoires de Jean-Marie Cabidoulin ou Le Serpent de mer, de 1902, Verne décrit un phénomène insolite : comment un baleinier est entraîné jusqu’au pôle par une mystérieuse force marine.

Là, le romancier choisit clairement l’interprétation, faisant intervenir le connu, une vague séismique. Le capitaine et le médecin de bord s’opposent à l’interprétation superstitieuse et populaire défendue par un vieux tonnelier, Cabidoulin, qui attribue le phénomène à un monstre marin. Là, Verne est sévère. Tant que l’existence de monstres marins tels que le Serpent de mer n’est pas établie par les biologistes, je cite, “mieux vaut reléguer ce qu’on en rapporte au rang des légendes”. Finalement, la science-fiction (SF) n’est pas née d’un seul écrivain, que ce soit Verne, Wells…, mais plutôt d’un ensemble, d’un processus collectif. Je crois qu’on ne peut pas considérer qu’il y a une sorte de père fondateur. Verne offre l’exemple d’un écrivain qui, sur le plan de la conjecture, a toujours été relativement timide pour des raisons didactiques. On voulait instruire en amusant, sans risquer d’aller trop loin. Il n’y a pas de folle du logis chez Verne, c’est toujours un imaginaire qui est plus ou moins tenu en laisse. »

Michel Meurger
Extrait d’un entretien donné à l’occasion du centenaire de la disparition de Jules Verne (1828-1905), sur cite-sciences.fr

Ce n’est pas tout à fait pour rien : à l’origine, l’idée avait été avancée par le biologiste anglais J. B. S. Haldane dans une optique clairement eugéniste, pour trier et favoriser les individus porteurs du « meilleur » potentiel génétique [20]. On tend à l’oublier aujourd’hui, mais avant 1945, et en particulier avant le procès de Nuremberg qui a exposé à la fois les crimes des Nazis et les bases idéologiques du régime, l’eugénisme était un concept partagé par un grand nombre d’intellectuels, de scientifiques et de politiques du monde occidental [21, 22].

Aldous Huxley n’a donc eu qu’à mettre en scène l’idée de Haldane d’ectogenèse pour montrer toute l’inhumanité de l’eugénisme. Et c’est la version que la SF, à quelques rares exceptions près, a retenu, alors même que la recherche biologique progressait, cette fois dans une optique humaniste, pour aider les couples stériles [23, 24]. On doit notamment à Miriam Menkin la technique de fécondation in vitro, grâce à laquelle naîtront Louise Brown en Angleterre en 1978, Amandine en France en 1982, et de nombreux « bébés éprouvettes » [25].

La naissance de ces bébés n’a pas fait sortir la procréation médicalement assistée de la galerie des horreurs de la science-fiction. On voit même un étrange retournement du motif dans les années 1980 chez Frank Herbert : dans plusieurs romans du très influent cycle de Dune, en particulier Les Hérétiques de Dune puis La Maison des Mères [26], les « cuves Axolotl » dans lesquelles les mystérieux Tleilax produisent des clones à volonté ne sont pas un dispositif artificiel, mais des femmes vivantes et immobilisées dans un état de léthargie, faisant d’elles des esclaves destinées à la gestation.

Pourquoi est-il plus facile de penser l’innovation pour des robots ou des satellites que pour la PMA (procréation médicalement assistée) ? Peut-être le poids des premières impressions, Le Meilleur des Mondes en tête. Ou bien c’est que l’on touche à l’intime, à l’identité : on est tous, jusqu’ici, nés d’une femme. Et quelque part, l’idée d’utiliser une machine pour cette finalité peut être perçue comme une attaque envers les mères, ou la maternité…

Parmi les rares œuvres de SF qui prennent la notion d’ectogenèse comme un hiéroglyphe pour inspirer et non faire frémir, il faut citer la saga Vorkosigan de Lois McMaster Bujold (États-Unis), à partir de 1986. Dans son premier roman [27], l’auteure mentionne des « réplicateurs utérins » (uterine replicators) permettant le développement du fœtus jusqu’à terme hors du corps maternel. Des romans ultérieurs explorent les diverses possibilités offertes par cette technologie : l’enfant à naître est protégé même si la mère est victime d’un accident ou attentat (ce qui arrive à la protagoniste, Cordelia) ; mais aussi cela ouvre la procréation aux couples d’hommes, voire à des sociétés entièrement masculines, comme dans Ethan d’Athos [28]. Au cours des différents romans et récits courts qui constituent le cycle, Bujold présente ses « réplicateurs » comme une technologie au service de l’humanité, et en particulier des femmes, libérées de la nécessité de « se transformer pendant neuf mois en incubateurs » [29].

Cela ne veut pas dire que l’ectogenèse est présentée de façon naïve ou béate : des problèmes potentiels sont évoqués, par exemple le cas où des enfants sont abandonnés par leurs parents biologiques et où les réplicateurs sont l’antichambre de l’orphelinat. Mais dans l’ensemble, il s’agit plutôt d’un hiéroglyphe à connotation positive, source d’inspiration.

C’est d’autant plus intéressant que, de son propre témoignage, Bujold a conçu cette idée en lisant… Le Meilleur des Mondes ! Elle a conservé la technologie de la cuve d’ectogenèse, mais écarté le cadre eugéniste qui était celui de l’époque d’Huxley, et pris à la place comme repère la bioéthique de son propre temps, qui impose que les techniques de PMA profitent d’abord aux individus concernés, parents et enfants. Grâce à ce changement d’optique, un topos classique du pessimisme technologique, l’utérus artificiel, prend un nouveau contenu idéologique.

Parviendra-t-il un jour au statut de hiéroglyphe reconnu de la société en général ? L’avenir le dira. Mais l’expérience d’incubation artificielle de fœtus d’agneaux, en 2017, est venue montrer que cette technologie avait un potentiel important, au minimum pour les grands prématurés [30].

Si ces recherches aboutissent un jour à un véritable dispositif d’ectogenèse au service de l’humain, l’histoire remettra sans doute à l’honneur le nom de J. B. S. Haldane comme initiateur ; mais en toute justice, il faudrait célébrer Lois McMaster Bujold pour avoir contribué à séparer le concept de ses associations eugénistes et lui avoir donné une vocation humaniste. S’il fallait donner un nom à ce hiéroglyphe-là, je proposerais « réplicateur Bujold », comme on parle des « lois de la robotique d’Asimov ».

Références


1 | Asimov I, « L’influence de la science-fiction », inclus dans le recueil posthume Gold, Doubleday, New York, 1995 ; trad. Haas D, Mais le Docteur est d’or, Pocket, 1996.
2 | Page consacrée à la période « Kaluga » de Tsiolkovsky. Sur russianspaceweb.com
3 | “Tsiolkovsky and his legacy”. Sur russianspaceweb.com
4 | Stephenson N, « Innovation Starvation », 2011. Sur wired.com
5 | Tsiolkovski C, Grezy o Zemle i Nebe (i) Na Veste, 1895, trad. Spéculations au sujet de la Terre et du Ciel, et sur Vesta, Académie des sciences de l’URSS, Moscou, 1959, p. 35.
6 | Shayler DJ, Walking in Space, Praxis Publishing, 2004, p. 4.
7 | Science Wonder Stories, 1929, 1 :170-80.
8 | Smith G, The Complete Venus Equilateral, Ballantine Books, 1976, pp. 3-4
9 | Whalen DJ, “Communications Satellites : Making the Global Village Possible”. Sur le site de la Nasa.
10 | Salton-Ebin J, “The Reagan Files : The Strategic Defense Initiative”, 6 février 2011. Sur thereaganfiles.com
11 | The Martian Chronicles, Doubleday, 1950 ; trad. Robillot H, Denoël, 1954 (nouvelles d’abord parues en magazine).
12 | Bradbury R, Fahrenheit 451, Ballantine Books, 1953 ; trad. Robillot H, Denoël, 1955
13 | Shelley M, Frankenstein ; or, The Modern Prometheus, Lackington, Allen & Co., 1818.
14 | Huxley A, Brave New World, Chatto & Windus,1932.
15 | Orwell G, Nineteen-eighty-four, Secker and Warburg, 1949.
16 | Barjavel R, Ravage, Denoël, 1943
17 | Cramer K, “Enough With Dystopias : It’s Time For Sci-Fi Writers To Start Imagining Better Futures”, Huffpost, 2 octobre 2014.
18 | Kyle RG, Apocalyptic Fever : End-Time Prophecies in Modern America, Wipf and Stock Publishers, 2012, p. 185.
19 | King S, The Stand, Doubleday, 1978.
20 | Haldane JBS, Daedalus ; or, Science and the Future, Kegan Paul and Co., 1924.
21 | Kevles DJ, Au nom de l’eugénisme : génétique et politique dans le monde anglo-saxon, Presses universitaires de France, 1995, p. 79-88.
22 | Carol A, Histoire de l’eugénisme en France, Seuil, 1995, p. 79-81.
23 | Henri Atlan H, L’Utérus artificiel, Seuil, 2005.
24 | Favereau E, « L’utérus artificiel, un pas de plus vers la séparation totale entre sexualité et procréation », Libération, 2 avril 2005.
25 | Gross RE, “The female scientist who changed human fertility forever”, BBC, 6 janvier 2020.
26 | Herbert F, Heretics of Dune, Putnam, 1984 ; Chapterhouse Dune, id., 1985.
27 | McMaster Bujold L, Shards of Honor, Baen Books, 1986 ; trad. Deutsch M, Cordelia Vorkosigan, J’ai lu, 1994.
28 | McMaster Bujold L, Ethan of Athos, Baen, 1986 ; trad. Blattmann G, Pocket, 1997.
29 | McMaster Bujold L, Barrayar, Baen, 1991 ; trad. Deutsch M, Pocket, 1993.
30 | Partridge E et al., “An extra-uterine system to physiologically support the extreme premature lamb”, Nature Communications, 2017, 8 :15112.

1 Terme inventé par l’abbé Louis Bourgeois en 1867 qui attribuait des silex qu’il avait découverts à un homme ayant vécu à l’ère Tertiaire (voir Chauvin J, « Un professeur original du Collège de Pontlevoy : l’Abbé Bourgeois », Académie de Touraine).

Publié dans le n° 335 de la revue


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L' auteur

Irène Delse

Auteure de romans (fantasy, science-fiction…) publiés en ligne chez Rocambole. Elle tient le blog L’Extérieur de (...)

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