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Réchauffement climatique : ce que l’on sait, et comment on le sait

Publié en ligne le 10 janvier 2026 - Climat -
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Le consensus scientifique pour affirmer qu’il y a un réchauffement climatique, que ce réchauffement est dû aux activités humaines, et qu’il a déjà des impacts sur le cycle de l’eau, la montée du niveau des mers, ou la fréquence des événements extrêmes est bien établi. Ce consensus se matérialise en particulier par les avis unanimes des institutions scientifiques, académies ou sociétés savantes. Bien entendu, au-delà de ce constat partagé, il existe de nombreuses questions ouvertes et parfois des controverses au sein même de la communauté scientifique, qui justifient la continuation des recherches sur le climat.
Dans le grand public, la perception reste mitigée. Une majorité exprime une inquiétude quant au changement climatique et ses conséquences (entre 65 % et 81 % selon les pays dans une enquête menée dans sept États de l’Union européenne en 2023 [1]). L’Agence de la transition énergétique (Ademe) mesure chaque année depuis 25 ans les « représentations sociales du changement climatique » [2]. Agrégeant les réponses à plusieurs questions, elle identifie trois profils de personnes : les « convaincus », les « sceptiques » et les « hésitants ».

Devant le fourneau, Dominik Skutecký (1849-1921)

La proportion de personnes « convaincues » de la réalité du réchauffement climatique et de la responsabilité des activités humaines n’est, en 2024, que de 42 %, en légère baisse depuis deux ans. Les « sceptiques » sont 11 %. Pour eux, le réchauffement est une hypothèse sur laquelle les scientifiques ne sont pas tous d’accord et des causes naturelles pourraient expliquer le phénomène. Les « hésitants », entre ces deux positions, sont 46 %. On peut faire un constat similaire dans d’autres pays européens [3].
L’Ademe met en avant plusieurs explications possibles, dont la montée d’autres préoccupations sociétales (pouvoir d’achat, sécurité) qui tendrait « à relativiser les enjeux environnementaux » et une possible saturation de l’espace médiatique avec une « avalanche » de mauvaises nouvelles « qui finiraient par banaliser la notion de désordres climatiques et lui faire perdre de son efficacité à sensibiliser et à motiver le public ». D’autres explications viennent en complément, comme celle de possibles « dynamiques idéologiques et politiques plus influentes que les événements climatiques » [4], ou encore lorsque le constat scientifique justifie des mesures pouvant affecter le niveau de vie.
La question scientifique du climat est très spécifique en ce sens qu’elle a des répercussions immédiates sur la société et les décisions politiques. Plus que pour d’autres sujets, une information rigoureuse vers le public est donc nécessaire.
Sous forme de « questions et réponses », nous tentons de décrire un état des lieux, permettant de préciser ce qui est certain et ce qui l’est moins, tout en indiquant les raisons scientifiques sous-jacentes.

Références


1 | YouGov, “Eurotrack survey results”, 2023. Sur docs.cdn.yougov.com
2 | Ademe, « Les représentations sociales du changement climatique : 25e vague du baromètre », enquête, 2024 . Sur librairie.ademe.fr
3 | Bradbury H, “What are Europe’s views on climate change ahead of COP30 ?”, YouGov, 6 novembre 2025. Sur yougov.uk
4 | Boy D, « Perception du changement climatique : une évolution inattendue », in Une planète mobilisée ?, EDF, 2022. Sur edf.fr

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