Rubrique Esprit critique, SPS n°355
Publié en ligne le 13 janvier 2026 - Esprit critique et zététique -
L’esprit critique est désormais à la mode. Mais est-il pour autant toujours bien compris et invoqué à bon escient ? Pour nous, et reprenant la définition donnée par le Conseil scientifique de l’Éducation nationale (CSEN), « l’esprit critique est la capacité à ajuster son niveau de confiance de façon appropriée selon l’évaluation de la qualité des preuves à l’appui et de la fiabilité des sources ». Indépendamment de l’esprit critique qui guide notre action sur l’ensemble de la revue, nous lui consacrons une rubrique spéciale qui rassemble des contributions visant à éclairer ses différentes facettes. Elle relaie également des annonces d’événements ou des initiatives sur le sujet.
En guise d’introduction, voici un extrait, légèrement adapté sur la forme, du rapport du CSEN sur l’esprit critique [1].
Notre fonctionnement cognitif inclut, dès l’enfance, des mécanismes qui nous rendent capables d’évaluer la qualité des informations à notre disposition, de leur contenu comme de leur source. Nous avons notamment une capacité naturelle à filtrer les informations qui nous paraissent plausibles et fondées sur des preuves ainsi que les sources qui nous semblent plus fiables que d’autres :
- Nous jugeons spontanément la plausibilité d’une information (sa crédibilité ou vraisemblance) par rapport à l’ensemble des connaissances que nous possédons.
- Nous sommes capables d’évaluer les éléments qui accompagnent une information ; il peut s’agir d’arguments qui s’ajoutent à l’information, qui viennent la compléter ou la justifier et que nous évaluons d’un point de vue logique en fonction de leur pertinence en relation à l’information.
- Nous nous interrogeons sur la fiabilité de la source qui nous fournit l’information : son identité, sa bienveillance à notre égard, son absence d’intérêt à nous mentir ou manipuler (son caractère désintéressé) ; ses compétences dans le domaine (son expertise).
- Nous pouvons examiner les preuves à l’appui desquelles l’affirmation a été établie : s’agit-il d’une observation directe ? d’un souvenir ?...
Cependant, ces mécanismes reposent souvent sur des indices qui sont indirects (par exemple, familiarité de la source), à bas coût (cognitif) et généraux. Ils sont trop peu spécifiques et insuffisamment précis ; ils peuvent en outre être facilement mis à mal par des facteurs extrinsèques (complexité du contenu, nouveauté des sources de l’information). Nos mécanismes naturels (intuitifs, précoces et implicites) répondent, en effet, à des besoins qui ne sont pas nécessairement adaptés à la complexité des enjeux que pose l’évaluation de l’information dans le contexte actuel (fonctionnement des médias et de l’information, des réseaux sociaux, d’Internet ; complexité des contenus scientifiques, culturels).
Dans ce numéro de Sciences et pseudo-sciences
On trouvera ci-après la page EBBH de Romain Meunier, qui fait dialoguer son personnage avec… un confesseur ; une présentation de deux outils intéressants : la chaîne vidéo « Écologie rationnelle » et la mallette d’activités « Autofocus » ; enfin, l’évocation d’une version itinérante des Rencontres de l’esprit critique, et l’annonce du spectacle de Romain Meunier Doute en Ronds.
1 | « Éduquer à l’esprit critique », sous la direction de E. Pasquinelli et G. Bronner, Conseil supérieur de l’Éducation nationale, 2021. Sur reseau-canope.fr
Publié dans le n° 355 de la revue
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L'auteur
Martin Brunschwig
Martin Brunschwig est membre du comité de rédaction de Science et pseudo-sciences depuis 2007.
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