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Cerveau : pour tenter d’en finir avec le neuromythe des 10 %

Publié en ligne le 1er novembre 2026 - Cerveau et cognition -

« C’est fou tout ce que l’on peut faire avec 10 % ! » Selon ce spot TV très largement diffusé depuis 2023, un enfant est impressionné par tout ce que l’Homme a pu créer alors même qu’il n’utilise que 10 % de ses capacités cérébrales [1]. Cette campagne publicitaire vise à laisser croire au consommateur le potentiel considérable offert par son programme de fidélité associé à la ristourne de 10 %. L’idée de l’existence de capacités non utilisées du cerveau a antérieurement été mise en avant au cinéma, en particulier par Luc Besson dans son film Lucy (2014), qui imaginait révéler les potentialités cérébrales « silencieuses » d’une jeune fille sous l’effet d’une drogue psychotrope. Ce produit lui conférait des capacités extraordinaires, jusqu’à l’expression de pouvoirs de télépathie et de téléportation dans le temps et l’espace. Plus prosaïquement, selon ce mythe relayé principalement par les tenants du paranormal et de la pensée positive [2], la « réserve des 90 % » expliquerait que nous ayons la faculté d’apprendre tout au long de notre vie et d’accumuler connaissances et souvenirs par ce substrat cérébral disponible.

Cette légende urbaine ne repose sur aucune base scientifique. Mais elle semble encore très populaire, comme en attestent les illustrations ci-dessus. Ainsi, selon une étude de la Fondation Michael J. Fox réalisée aux États-Unis en 2013, près de 65 % de la population du pays croyait fermement que nous n’utilisons que 10 % de notre cerveau [3]. Régulièrement, des chercheurs s’élèvent contre cette désinformation (voir par exemple [2, 4, 5]).

L’origine de ce neuromythe

L’origine de cette assertion est obscure. Il est généralement avancé que l’idée a été promue il y a déjà plus d’un siècle par le psychologue William James. Celui-ci écrivait en 1907 que, « comparés à ce que nous devrions être, nous ne sommes qu’à moitié éveillés […]. Nous n’utilisons qu’une infime partie de nos ressources mentales et physiques potentielles » [6]. Il ne mentionne nulle part une valeur, 10 % ou autre. C’est une vingtaine d’années plus tard que l’un de ses élèves, Lowell Thomas, lui attribua cette valeur de 10 % dans la préface d’un ouvrage de développement personnel destiné au grand public [7].

Quel intérêt à soutenir une telle hypothèse ?

L’idée que le cerveau possède d’énormes capacités latentes ouvrirait des perspectives considérables en termes de développement personnel ainsi qu’en prise en charge des atteintes cognitives liées à l’âge. La promesse d’optimiser le fonctionnement du cerveau en mobilisant cette réserve s’avère une grande opportunité pour des démarches mercantiles, proposant à tout un chacun une amélioration de ses capacités cérébrales. De fait, de nombreux ouvrages ou officines dans le domaine du développement personnel et des ressources humaines en appellent à ce qui est nommé « la pensée positive », en s’appuyant sur ce mythe. Selon cette doctrine, pour démasquer les capacités latentes du cerveau il ne suffirait pas de tenter de les mettre en œuvre, mais il faudrait avoir la volonté, consciente ou non, de les révéler [8].

Parfois ces discours utilisent, en le dévoyant, le concept de « réserve cognitive » développé en neuropsychologie. Celui-ci a été proposé pour rendre compte du fait que la stimulation cognitive ralentit les effets du vieillissement de pathologies comme la maladie d’Alzheimer, où il existe un affaiblissement des fonctions cognitives [8]. Le concept de plasticité cérébrale et les méthodes rigoureuses et validées de stimulation cognitive sont alors remplacées par une prétendue libération de « réserves énergétiques » amenant à postuler que le cerveau est source de réserves d’énergie passives, non utilisées [9].

Derrière le mythe des 10 % se dessine aussi le paradigme de « l’Homme augmenté » cher à l’esprit de certains milliardaires à la pointe de la technologie, où l’augmentation des capacités d’un individu, au-delà de ce qui pourrait par exemple être obtenu par des agents psychotropes ad hoc, passerait par l’implantation de « puces » dans le cerveau pour en accroître les capacités non utilisées… sinon pour en prendre le contrôle. Tel serait l’un des sens implicites du projet Telepathy de Neuralink d’Elon Musk : le cerveau humain serait sousoptimal et la technologie pourrait débloquer ce qui lui manque [10].

L’invocation des neurosciences

Ce neuromythe a trouvé un terreau favorable de développement avec les observations de la neurologie d’époques lointaines. Celles-ci ont montré que certaines lésions cérébrales étaient à même de se traduire par des déficits neurologiques, par exemple des troubles de la parole mis en exergue par Paul Broca (1861). Mais, à l’inverse, la destruction d’autres parties du cerveau, notamment antérieur, n’avaient que des conséquences apparemment très limitées sur les capacités des individus concernés. La théorie selon laquelle chaque zone du cerveau a une fonction précise, illustrée par la découverte de « l’aire du langage », était alors présentée comme renforçant l’idée de l’existence de larges régions cérébrales « non utilisées ».

L’illustration la plus typique que certaines régions du cerveau seraient « inactives » est représentée par le célèbre cas de Phineas Gage en 1848 : la destruction accidentelle d’une large partie antérieure de son cerveau frontal ne s’était traduite que par des déficits neurologiques apparemment très limités au regard de l’ampleur des lésions [11]. C’est sur la base de considérations similaires qu’a été développée la lobotomie frontale chez certains psychotiques, dont le meilleur résultat était effectivement un changement de comportement allant dans le sens d’une meilleure insertion sociale, alors même que cette psychochirurgie altérait profondément la volonté des patients et leurs fonctions cognitives. Par ailleurs, des expériences de lésions cérébrales effectuées chez les rongeurs à l’aube des neurosciences expérimentales, notamment par Karl Lashley (1890-1958), conduisaient à la conclusion que de larges régions du cerveau n’étaient pas utilisées puisque l’ablation de près de 60 % du cortex du rat n’altérait pas fondamentalement ses capacités à réaliser des apprentissages [12].

L’Extraction de la pierre de folie (allégorie du toucher dans la série des cinq sens), attr. à Rembrandt (1606-1669)

Aujourd’hui, les promoteurs du neuromythe des 10 % cherchent à présenter leur argumentation sous un jour scientifique, faisant référence aux données de la neurologie et aux avancées des neurosciences. Le postulat principal est que, justement, si nous sommes tellement capables d’apprendre, de mémoriser, de développer notre intelligence tout au long de notre vie, c’est qu’il existe dans notre cerveau des substrats non utilisés permettant d’être mobilisés à cet égard [2].

Les données de l’imagerie cérébrale fonctionnelle

Les mesures directes de l’activité cérébrale faisant appel aux méthodes électroencéphalographiques [13] sont, curieusement, rarement évoquées par les tenants de la théorie des 10 %. Sans doute parce que, sans ambiguïté et quelle que soit la région corticale examinée, il est possible d’enregistrer des signaux caractéristiques d’une telle activité, et ce jusqu’à la mort des individus.

À l’inverse, les résultats de l’imagerie cérébrale fonctionnelle, fondée sur des mesures indirectes de l’activité neuronale en rapport avec les modifications locales du métabolisme associées à cette activité [14], sont bien plus souvent invoqués. Une lecture très primaire des données de l’imagerie fait effectivement apparaître des spots localisés d’activation cérébrale en réponse à une consigne correspondant dans les cas les plus simples à la réalisation d’un comportement élémentaire, par exemple appuyer répétitivement sur un levier. De telles données renforcent les théories localisationnistes et recoupent les observations relatives aux cas cliniques où l’atteinte de zones restreintes du cerveau se traduit par des déficits bien spécifiques. Toutefois, la lecture de ces images au premier degré est bien trompeuse. Leur traitement mathématique implique la « soustraction » par le logiciel d’un signal correspondant à un intense bruit de fond correspondant à l’activité cérébrale « de base », pour mieux faire ressortir l’activité propre à la tâche réalisée [15]. Ainsi, ces réponses s’inscrivent dans une importante activité cérébrale « de fond », traduisant un fonctionnement plutôt global du cerveau.

Mieux encore, un certain nombre d’études ont visé à étudier l’activité cérébrale lorsqu’il est demandé au sujet de tenter de se déconnecter le plus possible de son environnement. Dans ces conditions, il est démontré que l’activité du cerveau « au repos » se traduit par un certain nombre de régions plutôt « calmes » au plan de leur activité neuronale, alors que d’autres sont, de façon à priori surprenante, plus actives. Il apparaît ainsi que les aires qui montrent une réduction d’activité en rapport avec les tâches comportementales sont toujours actives au repos [16]. Sur le plan théorique, ces régions actives au repos sont collectivement désignées comme étant « le réseau du mode par défaut » pour indiquer que ces structures cérébrales interconnectées n’ont pas d’activité particulière lorsque le cerveau n’est pas engagé dans une tâche comportementale. La fonction de ce « réseau par défaut » reste à ce jour hypothétique ; à priori il n’est pas concerné par le traitement des informations sensorielles ni le contrôle des mouvements [17].

Le Souvenir, Théodor Axentowicz (1859-1938)

Ainsi, c’est bien l’ensemble du cerveau qui est en permanence mobilisé de façon différentielle pour répondre aux exigences du moment, en opposition aux spéculations des tenants de la théorie des 10 % focalisés sur le localisationnisme, une conception de l’organisation cérébrale tellement réductrice dont ces personnes ont du mal à se dégager.

D’autres éléments s’opposent potentiellement à la théorie des 10 %

L’énergétique cérébrale

Le cerveau est extrêmement énergivore. S’il ne représente en moyenne que 2 % de la masse corporelle, il consomme 20 % de l’énergie du corps au repos et 20 % de l’oxygène disponible [18]. Ces données sont confortées par l’utilisation des méthodes d’imagerie qui mesurent par exemple la consommation de glucose par le cerveau, montrant, là encore, que c’est bien l’ensemble de la masse cérébrale qui est concernée. Un tel niveau de dépense énergétique paraît dès lors incompatible avec l’activité d’un organe qui ne fonctionnerait qu’à 10 % de ses capacités. Au regard de la centaine de milliards de neurones qui le composent, grands consommateurs de glucose et d’oxygène, le cerveau dépend constamment de cette énergie non seulement pour son activité mais surtout pour sa survie.

À cet égard, si « réserve » de 90 % il y avait, on aurait du mal à concevoir comment l’organisme pourrait mobiliser encore plus d’énergie pour le faire fonctionner dans son ensemble.

Les cellules cérébrales
Le cerveau est un organe extrêmement complexe. Il est constitué de milliards de neurones jouant un rôle prépondérant dans son activité, mais également d’autres populations cellulaires dont les mieux connues sont les « cellules gliales ». Le ratio entre neurones et cellules gliales a longtemps été estimé de l’ordre d’un pour dix, c’est-à-dire que le cerveau serait très majoritairement constitué de cellules gliales. Toutefois, les données les plus récentes montrent que tel n’est pas le cas et que ce rapport serait plus proche d’un pour un [19]. Depuis leur mise en évidence, le débat sur la fonction des cellules gliales est ouvert et, jusqu’à une période récente, elles étaient considérées, souvent de façon caricaturale, comme formant une sorte de « tissu de soutien » de la masse cérébrale, sans rôle majeur dans l’activité du cerveau ou comme pouvant avoir un rôle dans la survie et l’entretien des neurones. Ainsi, en considérant le rapport neurones/cellules gliales, il n’apparaît nullement que la masse « utile » du cerveau, c’est-à-dire celle exprimant son activité, représenterait seulement 10 % de la masse totale. Et même si tel était le cas, cet argument aux allures scientifiques ne serait en rien recevable. D’abord parce que les données récentes sur les cellules gliales leur confèrent un rôle éminemment actif dans la neurotransmission et l’activité synaptique [20]. Ensuite, parce que si ces cellules ne contribuaient pas directement à l’activité cérébrale, on ne pourrait pas envisager qu’elles puissent représenter la « réserve » de tissu cérébral propre à permettre de nouvelles acquisitions.

Pensive, Pierre-Auguste Renoir (1841-1919)

Les données liées à l’évolution
Si l’essentiel du cerveau était non utilisé, dans une conception darwinienne de l’évolution, la sélection naturelle n’aurait pu aboutir à un organe inutilisé à 90 %. Au contraire, l’évolution est concomitante d’une augmentation importante de la taille du cerveau, principalement dans les régions frontales engagées dans des opérations d’ordre cognitif ou émotionnel, en rapport par exemple avec la prise de décision, la flexibilité comportementale ou la planification de l’action. Ainsi le développement phylogénétique du cerveau s’est-il accompagné d’acquisition de compétences nouvelles qui se trouvent être en rapport avec les régions cérébrales frontales qui se sont le plus développées au cours de l’évolution [21].

Les données de la physiologie
Plus directement, sur le plan physiologique, on peut aussi avancer le fait que l’un des facteurs majeurs de développement et de maintien de la structure cérébrale est lié à son activité. Ceci a particulièrement été démontré dans le cas du réseau visuel où de nombreux travaux ont attesté que l’activité neuronale est seule à même de renforcer l’activité de ce réseau et de permettre la survie des neurones impliqués [22], au travers de l’action de molécules favorisant la survie et le développement des neurones [23]. Le développement chez l’embryon et le fœtus est l’une des périodes critiques où ce type de mécanisme associant la formation de nouveaux neurones, la création des connexions entre eux et l’élimination de ceux qui sont inutiles est majoritairement impliqué dans la mise en place et la spécialisation des réseaux neuronaux. Par conséquent, l’hypothèse de la présence de circuits neuronaux latents non utilisés se heurte au fait que si les neurones de ces réseaux n’étaient effectivement pas utilisés, ils auraient été éliminés [24].

Les véritables potentialités cérébrales propres à être mobilisées

Le rejet du neuromythe des 10 % par la communauté scientifique n’exclut pas l’idée qu’il existe de véritables potentialités cérébrales que nous pourrions mettre en œuvre. C’est l’un des concepts qui soutient l’idée de la « réserve cognitive » [25]. L’une des visions que l’on peut avoir du rôle du potentiel latent du cerveau pourrait ainsi être associée aux processus de récupération fonctionnelle après un AVC ou tout autre type d’atteinte de l’intégrité du cerveau. La neurologie nous montre chaque jour qu’il est possible de recouvrer, au moins partiellement, une partie de ces capacités perdues, tant motrices que cognitives, parfois de façon spectaculaire dans les cas les plus favorables [26]. Ici il n’est cependant pas fait mention de processus impliquant une quelconque prise en charge par des régions non lésées du cerveau non utilisées antérieurement, mais plutôt de mécanismes de compensation impliquant des zones cérébrales déjà engagées dans d’autres fonctions. Ainsi est-il admis que la récupération fonctionnelle est liée aux propriétés même des réseaux neuronaux, ce que l’on nomme la plasticité cérébrale. Cette plasticité présente de nombreuses formes [27], allant de réorganisations anatomo-fonctionnelles des régions lésées à des mécanismes compensatoires impliquant des modifications des stratégies comportementales. Mais pour certains des tenants du mythe, les récupérations neurologiques tiennent aussi de la régénération de larges régions cérébrales. Une telle régénération a été démontrée mais, chez l’adulte, et s’il y a formation de nouveaux neurones, elle ne représente qu’un processus extrêmement limité, qui ne concerne au mieux que l’hippocampe dans des processus liés à la mémorisation [28] et ne peut en aucun cas rendre compte des récupérations après les accidents neurologiques.

Le Tendre Ressouvenir (détail), Jean-Baptiste Greuze (1725-1805)

Ainsi, c’est en mobilisant toute l’énergie relative à nos processus cognitifs et attentionnels engageant de larges régions cérébrales, notamment, que nous sommes capables de nouveaux apprentissages et de la remémoration de souvenirs et connaissances tout au long de notre vie, sans imaginer un instant que cela corresponde à une quelconque mobilisation de neurones supplétifs jusque-là non utilisés.

Références


1 | « C’est fou tout ce que l’on peut faire avec 10 % », publicité Intermarché, juillet 2023. Sur youtube.com
2 | Larivée S et al., « Qui utilise 10 % de son cerveau ? », Revue de Psychoéducation, 2008, 37 :117-42.
3 | The Michael J. Fox Foundation, “New survey finds Americans care about brain health, but misperceptions abound”, 25 septembre 2013. Sur michaeljfox.org
4 | Jeannerod M, « Nous n’utilisons que 10 % de notre cerveau », La Recherche, 2007, 412 :48-51.
5 | Radford B, “The ten-percent myth”, Skeptical Inquirer Magazine, 1999, 23 :52-3.
6 | James W, “The Energies of Men”, Science, 1907, 25 :321-32.
7 | Carnegie D, How to win friends and influence people, Pocket Books, 1936.
8 | De Rotrou J, Wenisch E, « Stimulation cognitive et vieillissement », in Gérontologie préventive, Masson, 1990, 408-83.
9 | Stern Y, “What is cognitive reserve ? Theory and research application of the reserve concept”, Journal of the International Neuropsychological Society, 2002, 8 :448-60.
10 | Joulin M, « Ce qu’il faut savoir sur Telepathy, la puce cérébrale de Neuralink qui inquiète les spécialistes », National Geographic, 26 février 2024.
11 | Bear MF et al., Neurosciences, à la découverte du cerveau, Éditions Pradel, 2015, 628-9.
12 | Franz SI, Lashley KS, “The retention of habits by the rat after destruction of the frontal portion of the cerebrum”, Psychobiology, 1917, 1 :3-18.
13 | Bennis K et al., « L’électroencéphalographie : méthodes et applications aux modifications cognitives liées au vieillissement normal et pathologique », Revue de neuropsychologie, 2022, 4 :189-99.
14 | Belaich R, « Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle cérébrale : concept BOLD et compréhension théorique du vieillissement neurocognitif », Neurologie-Psychiatrie-Gériatrie, 2019, 19 :129-36.
15 | Proulx A et al., « IRM fonctionnelle », cours en ligne, 2023. Sur methodes-cogneuro.github.io
16 | Raichle ME, “The brain’s default mode network”, Annual Review of Neuroscience, 2015, 38 :433-47.
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27 | Nieoullon A, « Neuroplasticité », in Encyclopédie médicochirurgicale, Elsevier, 1999, 17-003-N10.
28 | Pirotte D, Rogister B, « La neurogenèse adulte ou l’histoire d’un dogme qui s’écroule », Revue médicale de Liège, 2008, 63 :245-50.