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H2O 2047

Publié en ligne le 20 septembre 2026
Erwan Barillot
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H2O 2047
La Guerre de l’eau
Erwan Barillot
EPFL Press, 2026, 338 pages, 25 €

L’éditeur scientifique EFPL Press, l’une des marques éditoriales des Presses polytechniques et universitaires romandes (PPUR) de Lausanne, n’est pas connu pour publier de la fiction. Et en effet, bien que présenté au public et aux médias comme un roman d’anticipation, H2O 2047 a tout d’un support de communication institutionnelle, jusqu’à des fiches techniques insérées toutes les deux ou trois pages pour détailler les produits cités dans le récit (moteur à hydrogène, systèmes de filtration de l’eau, lunettes assistées IA, etc.).

Selon le site de l’éditeur, le livre est « ancré dans des recherches prospectives réelles conduites par Armasuisse – Office fédéral suisse de l’armement ». Selon la préface, il « s’inscrit dans la démarche » de Deftech, le programme de recherches prospectives du département suisse de la Défense. Le fait qu’il bénéficie d’un financement institutionnel n’est pas dit explicitement, mais explique probablement qu’une version numérique soit téléchargeable gratuitement sur le site de l’éditeur.

Il se traduit aussi par l’impression de publi-rédactionnel qui se dégage de l’ouvrage. L’intrigue et les personnages sont d’une épaisseur assez mince. En l’an 2047, alors que les changements climatiques s’amplifient, on suit une jeune ingénieure, Léa, dans un périple de globe-trotteuse, d’une situation de crise à une autre : désertification, maladies émergentes, guerres pour les ressources en eau… Chaque étape appelle une nouvelle adaptation technologique ou logistique et la prise en compte du contexte local. L’eau, l’H2O du titre, sert de fil conducteur pour aborder tous les domaines de l’activité humaine affectés par ces changements, tant au niveau des grands systèmes agricoles et industriels que de la santé des individus.

La lecture ne nécessite cependant pas un important bagage scientifique, car les solutions en question et les concepts de physique, chimie, biologie ou de géographie qui les sous-tendent sont évoqués de façon superficielle, plus à la façon d’un catalogue que d’un manuel technique. En fait, le lecteur curieux risque de rester sur sa faim. Quant au style, il est facile à lire mais un peu didactique, et on n’est pas surpris que l’auteur, malgré un précédent roman, soit plus connu dans le domaine de la politologie.

Difficile finalement de dire pour qui est ce livre. Si l’on cherche un roman d’anticipation, on risque d’être rebuté par les multiples « placements de produits » qui coupent le texte. Et si l’on est intéressé par les sujets scientifiques ou géopolitiques abordés, la lecture d’un ouvrage documentaire serait plus appropriée, car il serait plus facile de distinguer ce qui existe déjà des projections à court terme des experts, ainsi que des extrapolations plus hypothétiques. Il manque en particulier une bibliographie pour les références et sources utilisées. La section « Remerciements » en fin d’ouvrage mentionne pêle-mêle des organismes de recherche et le forum de Davos, des influenceurs, quelques articles de vulgarisation et des enquêtes journalistiques, sans distinguer les sources scientifiques proprement dites de celles qui ont permis à l’auteur d’habiller de quelques détails les différents épisodes du périple.