Quels sont les impacts du changement climatique ?
Publié en ligne le 26 avril 2026 - Climat -
Le CO2 n’est pas un polluant et les plantes en ont besoin. L’augmentation du CO2n’a-t-il pas des effets bénéfiques dont le Giec ne parle pas ?
C’est là un sophisme souvent utilisé par les autoproclamés climato-réalistes [1]. Effectivement, aux concentrations atmosphériques actuelles et même en imaginant leur triplement, le CO2 n’est pas toxique ; c’est pourquoi on évite de parler de pollution en ce qui concerne ce gaz à effet de serre. Par ailleurs, le CO2 est un ingrédient essentiel au fonctionnement des écosystèmes et son augmentation est, toutes choses égales par ailleurs, plutôt bénéfique à la croissance de la végétation. Toutefois, le changement en cours induit par l’augmentation du CO2 atmosphérique entraîne un échauffement de l’air et une modification du régime des précipitations qui peut être préjudiciable à certaines espèces. Si dans les forêts boréales le réchauffement peut stimuler la photosynthèse quand les sols sont bien humides et l’air peu sec, lorsque les sols et l’air deviennent modérément secs, ou a fortiori en période de sécheresse (cas fréquent avec le réchauffement), l’effet s’inverse : l’air sec tend à accentuer la perte en eau par les feuilles, le sol sec limite le réapprovisionnement en eau par les racines, la plante est conduite à réguler ses échanges avec l’atmosphère et la photosynthèse s’avère finalement moins élevée, même s’il y a plus de CO2 dans l’air [2, 3]. On observe également un dépérissement important des forêts françaises, suite notamment à un accroissement des attaques parasitaires qui accompagnent les épisodes de canicule et de sécheresse [4].
L’humanité a déjà survécu à des changements climatiques de grande ampleur. Pourquoi craindre celui-ci ?
Il n’est pas contestable que l’espèce humaine a survécu à des changements climatiques importants. Cela n’implique pas que l’adaptation se soit faite sans douleur, ni même que toutes les sociétés aient survécu à ces changements. Bien au contraire, les recherches archéologiques indiquent que les déclins des civilisations Akkad en Mésopotamie [5], Maya en Amérique [6], ou Khmer au Cambodge [7] sont contemporains de modifications climatiques (sécheresses en particulier) qui y ont très probablement contribué. Les simulations climatiques indiquent que certaines zones pourraient devenir inhabitables si le réchauffement dépasse 2°C. Les distributions actuelles de population sont adaptées à un certain climat et pas au climat du futur. Les migrations rendues nécessaires par le changement climatique auront des répercussions géopolitiques importantes. La Terre et l’humanité survivront au changement climatique annoncé, mais pas nécessairement avec 7 milliards d’humains.
1 | de Rouville G, "Le CO₂ n’est pas l’ennemi", Association des climato-réalistes, 16 mai 2025
2 | Office National des Forêts, "Dépérissement des forêts : 3 essences menacées", 2025
3 | Marshall M, "Did a mega drought topple empires 4,200 years ago ?", Nature News Feature, 26 janvier 2022
4 | Evans NP et al., "Quantification of drought during the collapse of the classic Maya civilization", Science, 2018, 361:498-501
5 | Day MB et al., "Paleoenvironmental history of the West Baray, Angkor (Cambodia)", PNAS, 2012, 109:1046-51
6 | Evans NP et al., “Quantification of drought during the collapse of the classic Maya civilization”,Science, 2018, 361 :498501.
7 | Day MB et al., “Paleoenvironmental history of the West Baray, Angkor (Cambodia)”, PNAS, 2012, 109 :1046-51.
Publié dans le n° 355 de la revue
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L'auteur
François-Marie Bréon
François-Marie Bréon est chercheur physicien-climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de (…)
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