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Réduction de la mortalité après vaccination anti-Covid 19 en France

Publié en ligne le 23 septembre 2026 - Santé et médicament -
Rubrique coordonnée par Kévin Moris

La réduction de la mortalité après vaccination anti-Covid-19 est bien établie. Ses effets indésirables graves spécifiques identifiés (myocardite, anaphylaxie, myélite transverse) ont été très rares à court terme. Une étude française à très grande échelle confirme sa sécurité après quatre ans de suivi [1].

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La cohorte étudiée était composée de tous les adultes résidant en France, âgés de 18 à 59 ans, ayant reçu au moins un remboursement de soins en 2020. Les personnes incluses dans le « groupe vacciné » étaient celles qui avaient été vaccinées entre mai et octobre 2021 (la période de vaccination de masse) et qui avaient reçu un vaccin à ARN messager. Étaient exclues celles vaccinées avant mai 2021 ou celles ayant reçu un autre type de vaccin. Le « groupe non vacciné » regroupait les personnes qui n’avaient reçu aucune dose au 1er novembre 2021. On a ainsi pu comparer une population de 22 767 546 personnes vaccinées à celle des 5 932 443 non vaccinées. Les vaccinés étaient en moyenne plus vieux d’un an, plus souvent des femmes (51,3 % vs 48,5 %), plus favorisés économiquement, et avaient plus de comorbidités cardio-métaboliques (9 % vs 8 %). La vaccination avait été complète (deux injections) chez 93 % des vaccinés.

Les auteurs ont étudié la mortalité dans ces deux groupes. Comme ces populations diffèrent, des modèles tenant compte notamment des caractéristiques sociodémographiques et des comorbidités des individus ont été utilisés. Après un suivi moyen de 45 mois, pour 100 000 personnes, 400 décès étaient observés chez les vaccinés, dont un seul dû à la Covid-19. Chez les non-vaccinés, c’étaient 600 décès qui étaient constatés, dont cinq dus à la Covid-19.

Le risque de décès était réduit de 30 % chez les vaccinés (de 25 % à conditions sociodémographiques et à comorbidité comparables). La réduction de mortalité était plus forte chez les plus jeunes (18-29 ans).

Cette étude a été menée principalement pour rechercher une éventuelle surmortalité retardée liée à la vaccination. Le choix a été fait de sélectionner une population jeune (moins de 60 ans) où la mortalité est faible et où d’éventuels effets indésirables létaux de la vaccination auraient été plus visibles.

Les résultats sont d’autant plus solides que l’échantillon est de grande taille et que des méthodes ont été mises en place pour limiter les facteurs susceptibles de fausser les comparaisons. Parmi les biais possibles qu’il convenait de prendre en compte, il y avait le healthy vaccinee bias, où la population choisissant de se faire vacciner est mieux portante que celle qui le refuse [2]. Ici les vaccinés étaient cependant plus âgés et avaient plus de comorbidités. Toutefois, malgré la pondération mise en œuvre, d’autres facteurs restent très mal connus, en particulier les motivations inconnues de la décision vaccinale individuelle (qui pourraient influencer la mortalité).

La réduction observée de la mortalité concerne des causes aussi éloignées que les accidents de circulation ou les maladies endocriniennes et digestives, pour lesquelles la responsabilité de la vaccination semble, à première vue, étrangère. La Covid-19 peut cependant entraîner des répercussions à long terme sur des systèmes divers (neurologiques, immunologiques, endocrinologiques, vasculaires), avec une augmentation du risque de maladie cardiaque et d’accident vasculaire cérébral et pourrait expliquer une surmortalité retardée [3].

En plus de celle directement liée à la Covid-19, l’apparente réduction importante (25 % environ) de la mortalité globale dans les quatre années suivant la vaccination est plus que rassurante et devrait aider à combattre la défiance vis-à-vis du développement de vaccins à ARN en général.