Panorama de la santé 2025, les indicateurs de l’OCDE pour la France
Publié en ligne le 9 septembre 2026 - Santé et médicament -
L’Organisation de coopération et de développement économiques, plus connue sous l’acronyme OCDE, a mis en ligne le « Panorama de la santé 2025 », document de 241 pages, ainsi qu’un résumé de huit pages pour la France [1]. On y trouve de très nombreuses données permettant de situer le pays par rapport à la moyenne des 38 pays de l’OCDE pour une liste d’indicateurs. Le document est remarquablement bien fait et toutes les données sont accessibles. On peut en extraire quelques informations sur les performances du système de santé en France.
Un très bon accès aux soins
- Une couverture à 100 % pour les soins essentiels.
- Un pourcentage des dépenses couvertes par les prélèvements obligatoires de 84 %, donc parmi les plus élevés (il varie de 59 % au Chili à 86 % en Suède).
- Une couverture vaccinale contre diphtérie, tétanos, coqueluche de 96 %, élevée elle aussi (de 74 % en Afrique du Sud à 100 % en Hongrie).
Un très bon état de santé
- Une espérance de vie à la naissance en 2023 égale à 83 ans (la plus élevée étant de 84,3 ans en Suisse).
- Une prévalence du diabète très faible (2,7 %), la plus faible étant de 2,3 % au Danemark.
- Une mortalité évitable, par la prévention ou par les traitements, assez faible (162 pour 100 000), le taux le plus faible étant de 114 pour 100 000 en Suisse. Les causes de décès évitables par une prévention primaire efficace et d’autres mesures de santé publique sont les infections et les accidents, mais aussi des maladies associées à des facteurs de risque comme le tabac (cancers, maladies cardiovasculaires. . . ). Les principales causes de mortalité évitable par traitement sont les maladies du système circulatoire (crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux essentiellement), les affections du métabolisme (diabète) et le cancer.
Pour certains facteurs de risque, une prévalence inférieure à la moyenne
- Une prévalence de l’obésité (indice de masse corporelle > 30 kg/m2) de 14 % (de 4,6 % au Japon à 34,5 % aux États-Unis).
- Une exposition moyenne aux particules fines de 9 µg/m3 (de 4,9 en Finlande et 23,2 au Chili).
Quelques points faibles
- La faible proportion des dépenses de santé allouées à la prévention contribue certainement à la forte prévalence du tabagisme quotidien, à l’importance de la consommation d’alcool, à la participation insuffisante au dépistage organisé du cancer du sein, à la couverture incomplète de la population d’enfants ayant reçu trois doses du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, et peut-être aussi à l’abus d’antibiotiques.
- La population se déclare en mauvaise santé plus souvent et est moins satisfaite qu’attendu, au regard des relativement bonnes performances du système.
- Pour certains facteurs de risque, une prévalence supérieure à la moyenne : un pourcentage de fumeurs quotidiens de 23 %, parmi les plus élevés (de 5,6 % en Islande à 28 % en Turquie) ; un nombre moyen de verres de boisson alcoolisée par jour (2,3) parmi les plus élevés (de 0,4 en Turquie à 2,6 au Portugal).
- Si le nombre de médecins en exercice pour 1 000 habitants est dans la moyenne, le nombre d’infirmiers est inférieur à la moyenne et surtout le nombre de travailleurs du secteur des soins de longue durée pour 100 personnes âgées de 65 ans et plus est particulièrement bas.
- Le panorama met aussi en évidence pour la France la hausse des dépenses de santé, et l’appel fréquent à des médecins formés à l’étranger. Il montre que l’attention portée aux besoins des patients est essentielle à des soins de qualité, que le tabac, l’alcool, l’alimentation déséquilibrée et le manque d’exercice sont très répandus, que les personnes à faibles revenus sont plus susceptibles de déclarer des maladies chroniques de longue durée, et que les femmes vivent plus longtemps, mais avec une plus grande partie de leur vie en mauvaise santé.
1 | OCDE, « Panorama de la santé 2025 : les indicateurs de l’OCDE », rapport, 13 novembre 2025. Sur oecd. org
Publié dans le n° 356 de la revue
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L'auteur
Catherine Hill
Catherine Hill est épidémiologiste et biostatisticienne, spécialiste de l’étude de la fréquence et des causes du (…)
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