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Éclairage scientifique des débats de société (SPS 355)
Veille thématique - Décembre 2025
Publié en ligne le 20 janvier 2026 - Information scientifique -
L’Association française pour l’information scientifique (Afis) entend apporter un éclairage scientifique sur les débats de société. Dans ce contexte, présenter les avis et analyses des institutions scientifiques, des agences sanitaires ou des rapports d’expertise collective est un élément incontournable du débat public. Il est bien entendu possible de les approuver ou, au contraire, de les critiquer, mais leur restitution est un élément indispensable de l’information scientifique. Ces avis peuvent avoir une dimension prescriptive qui n’engage que les entités qui les émettent.
Les descriptifs proposés sont de la responsabilité de la rédaction de Science et pseudo-sciences. L’intelligence artificielle a été utilisée comme un outil d’aide à la rédaction
Une version plus courte est publiée dans la revue Science et pseudo-sciences éditée par l’Afis. Les descriptifs proposés sont rédigés par la rédaction.
Travail coordonné par Jean-Paul Krivine, avec la participation des commissions thématiques de l’Afis.
Santé et Médecine
Vaccination par ARNm contre la COVID-19 et mortalité toute cause à 4 ans chez 28 millions d’individus âgés de 18 à 59 ans
Rapport EPI-PHARE – Assurance maladie et ANSM (décembre 2025)
Cette étude de cohorte nationale portait sur 28 millions d’individus âgés de 18 à 59 ans. Les résultats montrent que les individus vaccinés présentaient un risque de décès toute cause réduit de 25% et un risque de décès par Covid-19 sévère hospitalisé réduit de 74% comparativement aux non vaccinés. Cette réduction de la mortalité était observée même après exclusion des décès directement liés à la Covid-19. Ces résultats renforcent le profil de sécurité des vaccins à ARNm largement utilisés dans le monde.
PFAS : les résultats de la campagne nationale de mesure dans l’eau destinée à la consommation
Rapport d’expertise de l’Anses (décembre 2025)
L’Anses mène régulièrement des campagnes pour mesurer la présence de composés émergents dans l’eau. En 2023 à 2025, elle s’est intéressée aux PFAS, à ce jour insuffisamment documentée dans l’eau destinée à la consommation humaine. Sur les 35 PFAS recherchés, 20 ont été détectés dans des échantillons d’eau brute et 19 dans les échantillons d’eau distribuée au robinet. Certains ne sont présents que dans un seul prélèvement, tandis que d’autres sont plus fréquemment retrouvés, notamment le TFA, détecté dans 92 % des prélèvements d’eau distribuée comme eau brute. Les résultats de la campagne montrent que les concentrations des substances PFAS mesurées dans la grande majorité des prélèvements analysés sont inférieures aux limites réglementaires lorsqu’elles leur sont applicables.
PFAS : vers une surveillance élargie
Rapport d’expertise de l’Anses (octobre 2025)
L’Anses a réalisé un état des lieux de la contamination par les PFAS en France, compilant près de deux millions de données concernant 142 PFAS dans divers milieux (eau, air, sols, aliments, sang humain, etc.). Actuellement, seuls quelques PFAS sont surveillés de manière réglementaire, malgré l’existence de plusieurs milliers de ces substances dans l’environnement. L’agence a développé une méthode de catégorisation basée sur la toxicité et la présence des PFAS, permettant d’identifier 247 substances à surveiller et propose des stratégies de surveillance selon leurs caractéristiques. L’Anses recommande de poursuivre les recherches sur la toxicité des PFAS, d’évaluer leur présence dans les matériaux et produits de consommation, et surtout d’agir à la source en limitant leurs émissions.
Rapport d’expertise collective de l’Anses (octobre 2025)
Pas de lien de cause à effet établi entre ondes et cancer. Depuis les évaluations de 2013 et 2016 menées par l’agence, près d’un millier d’études scientifiques ont été réalisées. Elles ne mettent pas en évidence de lien entre l’exposition aux ondes radiofréquences et les cancers. Face à des usages qui évoluent très vite et qui peuvent générer d’autres effets sanitaires, l’Agence maintient néanmoins ses recommandations de prudence, en particulier pour les enfants.
Utilisation des analogues du GLP-1 dans le traitement de l’obésité
Communiqué de l’OMS (décembre 2025)
L’OMS publie pour la première fois des lignes directrices sur l’usage des analogues du GLP-1 pour traiter l’obésité, qui touche plus d’un milliard de personnes dans le monde. L’organisation recommande leur utilisation chez l’adulte, dans le cadre d’une prise en charge globale incluant alimentation saine et activité physique, tout en soulignant des incertitudes sur les effets à long terme et l’accès équitable. Les médicaments seuls ne suffisent pas : l’OMS appelle à des politiques multisectorielles pour prévenir l’obésité, à améliorer le dépistage et renforcer les systèmes de santé. Elle encourage aussi des stratégies internationales pour élargir l’accès à ces traitements et lutter contre les produits falsifiés.
Marcher régulièrement cinq minutes pour préserver sa santé
Rapport d’expertise de l’Anses (octobre 2025)
Les Français passent en moyenne sept heures par jour en position assise, ce qui augmente les risques de développer des maladies chroniques comme le diabète, l’obésité ou les maladies cardiovasculaires. Selon une nouvelle expertise de l’Anses, marcher cinq minutes toutes les trente minutes à intensité faible à modérée permet d’améliorer les paramètres métaboliques et les fonctions cognitives. L’agence recommande donc d’intégrer des ruptures régulières de sédentarité dans tous les environnements, que ce soit au travail ou à l’école, en privilégiant par exemple les escaliers ou les discussions en marchant. Cette prévention doit s’accompagner d’un mode de vie globalement plus actif au quotidien.
Obligation vaccinale en Ehpad
Communiqué de l’Académie nationale depharmacie (novembre 2025).
À l’occasion d’une discussion parlementaire relative à la vaccination obligatoire contre la grippe pour les résidents d’Ehpad et pour les professionnels de santé exposés, l’Académie nationale de Pharmacie estime que le rejet de l’obligation vaccinale contre la grippe serait un recul dommageable pour la protection des personnes fragiles et la cohérence de la politique vaccinale française. Elle réaffirme que la liberté ne saurait s’exercer au détriment de la santé et de la sécurité d’autrui, en particulier dans le cadre professionnel du soin. La confiance dans la vaccination passe avant tout par l’information, la transparence et l’exemplarité des professionnels de santé.
Forte baisse du nombre de décès dus à la rougeole mais nombre de cas en forte augmentation
Communiqué de l’OMS (novembre 2025)
Depuis 2000, la vaccination a permis de réduire de 88 % les décès dus à la rougeole et de sauver près de 59 millions de vies. Mais les cas augmentent fortement, et environ 11 millions d’infections sont recensées dans le monde en 2024. La couverture vaccinale reste insuffisante : seuls 76 % des enfants reçoivent deux doses, loin du seuil de 95 % nécessaire pour stopper la transmission. En conséquence, 59 pays ont connu de grandes flambées épidémiques en 2024, révélant les faiblesses persistantes des systèmes de vaccination. Malgré quelques progrès observés, les lacunes de financement et de surveillance menacent de nouvelles résurgences.
Sur la santé et les changements climatiques
Rapport du Lancet Countdown (octobre 2025)
Le Lancet Countdown est une collaboration internationale de recherche qui suit les liens entre la santé publique et le changement climatique. Lancée en 2015, elle implique des dizaines d’institutions à travers le monde (universités, agences des Nations Unies et organisations intergouvernementales). Son rapport annuel 2025 révèle que 12 des 20 indicateurs de santé climatique suivis ont atteint des records alarmants, avec notamment 546 000 décès annuels liés à la chaleur et une insécurité alimentaire touchant 123 millions de personnes supplémentaires. Malgré l’urgence croissante, les émissions mondiales continuent d’augmenter. Les coûts humains et économiques s’accumulent avec 639 milliards d’heures de travail perdues en 2024 et 304 milliards de dollars de pertes économiques, tandis que des millions de décès évitables persistent faute d’accès aux énergies propres et à des régimes alimentaires durables. Néanmoins, des signes encourageants émergent (croissance rapide du secteur des énergies propres, engagement croissant des collectivités locales et de la société civile contraintes juridiques …).
Rapport mondial sur la situation en neurologie (titre traduit de l’anglais)
Rapport de l’OMS (octobre 2025)
En 2021, les troubles neurologiques affectaient 42% de la population mondiale et causaient une perte de 435 millions d’années de vie ajustées sur l’incapacité. Ces troubles représentant la première cause de maladie et d’incapacité dans le monde. Plus de 80% de cette charge pèse sur les pays à revenu faible et intermédiaire, où l’accès au diagnostic, au traitement et à la réadaptation reste limité. Le rapport formule des recommandations en termes de politiques de santé publique.
Tendances de la prévalence du tabagisme 2000-2024 et projections 2025-2030 (titre traduit de l’anglais)
Rapport de l’OMS (octobre 2025)
Entre 2007 et 2023, on constate une baisse marquée de la prévalence du tabagisme (de 22,3% à 16,4% de la population mondiale). Malgré ces avancées, environ sept millions de personnes continuent de mourir chaque année à cause du tabac. Plus de quarante pays n’ont encore aucune mesure antitabac fondée sur les preuves d’efficacité. L’interférence de l’industrie du tabac demeure un obstacle majeur. Les avertissements sanitaires graphiques sont parmi les mesures les plus efficaces et les moins coûteuses, mais leur adoption varie fortement selon les pays. Les nouveaux produits comme les cigarettes électroniques et les nouvelles stratégies de l’industrie du tabac posent de nouveaux enjeux.
Rapport mondial de surveillance de la résistance aux antibiotiques 2025 (titre traduit de l’anglais)
Rapport de l’OMS (octobre 2025)
En 2023, une infection bactérienne confirmée sur six était résistante aux antibiotiques, avec des niveaux particulièrement élevés dans certaines régions d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique. La résistance augmente pour 40 % des couples pathogène–antibiotique suivis, notamment chez les bactéries Gram négatives et pour certains antibiotiques essentiels. Les infections urinaires et sanguines sont les plus touchées. Les pays à faible surveillance et à systèmes de santé fragiles présentent les résistances les plus élevées. Cette situation réduit les options thérapeutiques et entraîne un recours accru aux traitements de dernier recours. L’OMS appelle à renforcer la surveillance, l’accès aux diagnostics, l’usage raisonné des antibiotiques et les capacités des systèmes de santé.
Déclaration de l’OMS sur les questions liées à l’autisme
Déclaration de l’OMS (septembre 2025)
L’OMS déclare qu’il n’existe aucune preuve scientifique concluante établissant un lien entre l’usage de paracétamol (acétaminophène) pendant la grossesse et l’apparition de l’autisme. Elle rappelle que l’autisme, qui touche environ 62 millions de personnes dans le monde (soit 1 sur 127), résulte très probablement de multiples facteurs, et que les causes exactes restent mal comprises. Enfin, l’organisation rappelle que les vaccins ne causent pas l’autisme, un constat soutenu par des décennies d’études de grande ampleur dans de nombreux pays.
Panorama de la santé 2025 : les indicateurs de l’OCDE
Rapport de l’OCDE (novembre 2025)
En 2024, les pays de l’OCDE ont alloué en moyenne 9,3 % de leur PIB à la santé, un niveau inférieur au pic atteint pendant la pandémie, mais supérieur aux niveaux pré-pandémiques. Le rapport souligne que les taux d’obésité continuent d’augmenter dans la plupart des pays et que la consommation nocive d’alcool et le tabagisme demeurent des préoccupations majeures. Un chapitre thématique examine comment certaines maladies affectent différemment les hommes et les femmes. Concernant l’espérance de vie, elle s’établissait en 2023 à 81,1 ans en moyenne dans la zone OCDE. Bien que l’espérance de vie se soit redressée et soit désormais orientée à la hausse, elle restait inférieure à son niveau d’avant la pandémie dans 13 des 38 pays membres.
Alimentation, agriculture, animaux
Alternatives chimiques et non chimiques existantes à l’usage des néonicotinoïdes
Rapport de l’Inrae (octobre 2025)
Les filières betterave, pomme, cerise, noisette et figue sont fragilisées par le manque de solutions efficaces contre certains ravageurs, les filières cerise et noisette étant particulièrement menacées. Elles doivent opérer une transition difficile en passant de traitements préventifs systématiques à une protection plus modérée avec des pesticides moins performants, tout en maintenant leur compétitivité. Pour réussir cette transition, les experts recommandent de développer la prophylaxie, d’adopter des approches territoriales et combinatoires, de clarifier la réglementation, et d’alléger les risques de perte de récolte pesant sur les agriculteurs.
Pourquoi il ne faut pas taxer l’utilisation d’animaux à des fins de recherche expérimentale
Communiqué de l’Académie nationale deMédecine (novembre 2025)
Plusieurs amendements au projet de Loi de finances pour 2026 proposent une taxe de 1 à 50 euros par animal utilisé dans la recherche, afin de financer les actions en faveur de l’accompagnement et de la réduction des recherches utilisant des animaux à des fins scientifiques. L’Académie nationale de Médecine estime que si cette taxation était adoptée, elle présenterait comme répréhensible des activités aux « finalités nobles » et exercées dans le respect des principes éthiques « par des chercheurs qu’il n’y a pas lieu de culpabiliser ». Cette activité, déjà strictement réglementée et en forte réduction en nombre d’animaux utilisés, reste indispensable pour la santé humaine Enfin, l’Académie s’inquiète du fait que cette taxe pourrait déplacer la recherche vers des pays où le bien-être animal n’est pas garanti.
Avis défavorable sur la taxation de l’expérimentation animale
Avis de l’Académie vétérinaire de France (novembre 2025)
L’Académie vétérinaire de France émet un avis défavorable aux amendements prévoyant une taxation de l’expérimentation animale, malgré le partage des objectifs de réduction du nombre d’animaux et de développement des méthodes alternatives. Elle souligne que ces taxes risqueraient de nuire à la santé publique, à la souveraineté sanitaire et à la recherche française, pouvant provoquer des délocalisations et réduire les budgets et les emplois scientifiques. L’Académie rappelle que la recherche animale reste indispensable pour étudier la biologie complexe des organismes et garantir des résultats fiables pour la santé globale.
Vers une évolution du statut juridique des animaux
Considérations de l’Académie vétérinaire de France (novembre 2025)
L’Académie vétérinaire de France souligne que, sur un plan scientifique, l’animal ne peut être considéré comme une entité homogène, tant la diversité des espèces et de leurs relations avec l’Homme est grande. Elle propose de classer les animaux en quatre catégories (simplificatrices) en fonction des relations qui les lient à l’espèce humaine : animaux de compagnie, animaux d’élevage ou de loisirs, faune sauvage et animaux utilisés à des fins scientifiques. Ces spécificités devraient servir à préciser les devoirs humains et le bien-être à garantir. Elle recommande enfin une évolution du statut juridique des animaux, en reconnaissant leur sensibilité et en intégrant le concept One Health (santé globale) pour relier la santé et le bien-être des animaux, des humains et des écosystèmes.
Confidentialité de l’évaluation éthique dans le cadre de l’utilisation des animaux à des fins scientifiques
Communiqué interacadémique – Médecine, Pharmacie, Sciences et Vétérinaire (janvier 2025)
La recherche biomédicale nécessite encore l’utilisation d’animaux, et les dossiers d’autorisation associés contiennent des informations sensibles jusque-là confidentielles. La divulgation intégrale de ces dossiers mettrait en danger l’innovation, la sécurité des chercheurs et la propriété intellectuelle, tout en exposant les équipes à des pressions et en compromettant d’éventuels brevets. Les académies scientifiques demandent donc une stricte occultation des données identifiantes, une information préalable et un droit de regard des concepteurs du projet avant toute mise dans le domaine public.
Énergie, climat et environnement
Géo-ingénierie climatique : appel à la prudence et à un encadrement rigoureux
Rapport de l’Académie des sciences (septembre 2025)
Les politiques actuelles de réduction des gaz à effet de serre sont insuffisantes pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, ce qui suscite un intérêt croissant pour la géo-ingénierie climatique. Trois grandes approches existent : la modification du rayonnement solaire, l’élimination du dioxyde de carbone (CO₂) atmosphérique et le captage-stockage du CO₂, chacune présentant de fortes incertitudes et des risques importants. L’Académie des sciences estime que seules certaines méthodes d’élimination du CO₂ atmosphérique et de captage-stockage du carbone pourraient contribuer à la neutralité carbone, tandis que les techniques de modification du rayonnement solaire restent trop risquées et ne doivent faire l’objet que de recherches encadrées. Elle rappelle enfin que la géo-ingénierie ne peut en aucun cas remplacer la réduction des émissions et la protection des puits naturels de carbone.
Les molécules et matériaux PFAS : importance industrielle et gestion des crises environnementales et sanitaire
Rapport de l’Académie des technologies (septembre 2025)
Les PFAS sont une vaste famille de composés très utilisés depuis les années 1940 pour leurs propriétés exceptionnelles, mais leur extrême persistance et leur toxicité entraînent aujourd’hui une pollution mondiale. Les petites molécules PFAS, détectées dans tous les compartiments environnementaux et dans les organismes vivants, sont associées à des risques sanitaires avérés, notamment cancers, perturbations endocriniennes et atteintes immunitaires. Face à ces enjeux, de nombreux pays mettent en place des restrictions et des plans d’action, comme la loi française de 2025 qui limite certains usages. Une transition maîtrisée repose sur la hiérarchisation des risques, la substitution des PFAS non essentiels, le contrôle des émissions et la mise en place de filières de traitement et de destruction adaptées.
PFAS : entre usages stratégiques et pollution planétaire, recommandations pour une transition maîtrisée
Communiqué de l’Académie des technologies (novembre 2025)
L’Académie des technologies dresse un état des lieux complet des PFAS, une vaste famille de plus de 10 000 composés chimiques utilisés depuis les années 1940 pour leurs propriétés uniques, mais persistantes et toxiques pour l’environnement et la santé. Ces molécules sont stratégiques pour de nombreux secteurs industriels, mais leur dissémination mondiale pose un risque majeur, contaminant l’eau, les sols, l’air et les organismes vivants, y compris les humains. Le rapport propose une stratégie globale : hiérarchiser les PFAS selon leur danger, encadrer les usages essentiels, promouvoir des alternatives sûres et mettre en place des filières de collecte, de destruction et de dépollution. Il formule des recommandations opérationnelles pour les pouvoirs publics, les industriels et les citoyens, visant à réduire les risques et à organiser une transition maîtrisée.
Quelles contributions attendre de la biomasse dans la transition énergétique ?
Rapport commun Académie des technologies – Académie d’Agriculture (mai 2025)
La biomasse est une ressource essentielle pour la neutralité carbone en 2050 car elle peut remplacer les énergies fossiles et séquestrer du carbone. Son usage énergétique doit rester limité et n’intervenir qu’après la satisfaction des besoins alimentaires et l’utilisation comme matériau. Son potentiel est estimé en France autour de 250 TWh par an en tenant compte des contraintes environnementales (en 2024, la consommation française était de l’ordre de 4500 TWh). Une méthode de hiérarchisation des usages privilégie ceux qui réduisent les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) au meilleur coût, notamment les procédés industriels, l’électricité de pointe, le transport maritime et aérien. D’autres usages comme le chauffage résidentiel nécessitent une réflexion approfondie pour optimiser l’utilisation de cette ressource limitée.
Numérique et intelligence artificielle
Évaluation des risques liés à l’intelligence artificielle : risques pour les droits fondamentaux (titre traduit de l’anglais)
Rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (décembre 2025)
De nombreux acteurs du secteur des systèmes d’IA à haut risque ne savent pas évaluer ni atténuer efficacement les risques pour les droits fondamentaux dans des domaines sensibles comme le recrutement, l’éducation ou les prestations sociales. Bien que les fournisseurs d’IA soient conscients des enjeux de vie privée et de non-discrimination, ils négligent souvent les conséquences plus larges sur les droits fondamentaux et leurs mesures d’atténuation restent fragmentées et peu efficaces. Le rapport met en garde contre les failles potentielles dans l’application du règlement sur l’IA, notamment concernant les systèmes à haut risque.
Les indicateurs de capacité en IA (titre traduit de l’anglais)
Rapport de l’OCDE (juin 2025)
Ce rapport présente les nouveaux indicateurs développés par l’OCDE pour permettre aux décideurs politiques de comparer les capacités de l’IA aux aptitudes humaines. Neuf indicateurs couvrent des domaines comme le langage, l’interaction sociale, la résolution de problèmes et la créativité, organisés en échelle de cinq niveaux allant jusqu’à l’équivalence humaine complète. Les systèmes d’IA actuels se situent entre les niveaux 2 et 3 selon les différents indicateurs. Ces outils peuvent aider à analyser l’évolution des métiers face à l’IA et à identifier les transformations possibles dans l’éducation.
Gouverner avec l’intelligence artificielle – État des lieux et perspectives pour les fonctions essentielles de l’État
Rapport de l’OCDE (septembre 2025)
L’intelligence artificielle (IA) offre aux administrations publiques de nombreuses opportunités d’amélioration, notamment l’automatisation des tâches répétitives, l’optimisation des services publics et une meilleure détection des fraudes. Le secteur public accuse un retard par rapport au privé dans son adoption. L’analyse, fondée sur 200 cas d’usage répartis dans 11 fonctions essentielles de l’administration, révèle que l’IA est principalement utilisée dans la prestation de services et la justice, mais reste limitée dans l’élaboration des politiques publiques et certaines fonctions comme l’administration fiscale. L’adoption de l’IA comporte des risques importants tels que les biais algorithmiques, les atteintes aux droits humains et l’érosion de la confiance citoyenne, mais ne pas l’adopter présente également un risque en creusant le fossé avec le secteur privé.
IA et éducation : protéger les droits des apprenants (titre traduit de l’anglais)
Rapport de l’Unesco (septembre 2025)
La numérisation rapide de l’éducation, accélérée par la pandémie et l’intelligence artificielle générative, ouvre de nouvelles opportunités d’accès élargi et d’apprentissage personnalisé, tout en soulevant des défis majeurs liés aux inégalités, à la protection de la vie privée et à l’éthique. Près d’un tiers de la population mondiale reste sans accès à Internet, ce qui risque de creuser davantage le fossé numérique et d’affecter particulièrement les groupes vulnérables. Le rapport souligne la nécessité d’adopter une approche centrée sur l’humain et respectueuse des droits, avec des garanties appropriées en matière de protection des données et de gouvernance. Il appelle à une action urgente aux niveaux national et international pour que les technologies renforcent le droit à l’éducation pour tous.
Les perspectives de l’IA générative (titre traduit de l’anglais)
Rapport du centre de recherche de l’UE - JRC (septembre 2025)
Ce rapport examine le rôle transformateur de l’IA générative, soulignant son potentiel d’innovation dans des secteurs comme la santé, l’éducation et les industries de l’innovation, tout en reconnaissant les défis majeurs tels que la désinformation, les biais, les perturbations du marché du travail et le respect de la vie privée. Le document analyse les aspects technologiques, économiques et sociétaux de l’IA générative, ainsi que le cadre réglementaire européen pour promouvoir des pratiques d’IA transparentes et dignes de confiance.
AI Index Report 2025
Rapport annuel de l’université Stanford (avril 2025)
Huitième édition du rapport annuel de l’université Stanford sur l’état de l’IA, couvrant les avancées techniques, l’économie, la législation et l’impact sociétal. Les performances de l’IA progressent rapidement sur tous les plans : les scores des benchmarks ont bondi en un an, l’IA s’intègre massivement dans la vie quotidienne (santé, transports) et les investissements privés américains atteignent 109 milliards de dollars en 2024. Les États-Unis dominent la production de modèles d’IA de pointe, mais la Chine rattrape son retard en termes de performance, tandis que les coûts d’accès à l’IA diminuent drastiquement grâce aux progrès d’efficacité. Les gouvernements intensifient leur régulation et leurs investissements. L’optimisme envers l’IA augmente globalement malgré de fortes disparités régionales, avec une perception très positive en Asie mais plus réservée en Amérique du Nord et en Europe. Toutefois, malgré ces avancées, le raisonnement complexe reste un défi majeur pour les systèmes d’IA actuels, limitant leur fiabilité dans les contextes critiques.
Intelligence artificielle et énergie (titre traduit de l’anglais)
Rapport de l’Agence internationale de l’énergie (avril 2025)
L’essor rapide de l’intelligence artificielle, devenu une technologie de portée générale, entraîne une explosion des besoins en énergie, principalement du fait des centres de données dont la consommation électrique croît très vite. D’ici 2030, cette consommation devrait plus que doubler, poussée par l’usage croissant de l’IA, et nécessitera une forte expansion des capacités de production d’électricité, notamment en renouvelables, gaz et nucléaire. Cette croissance met sous pression les réseaux électriques, qui devront être renforcés et mieux intégrés avec les data centers pour éviter des goulets d’étranglement. Parallèlement, l’IA offre des gains majeurs de performance pour le secteur énergétique, allant de l’optimisation des réseaux à l’accélération de l’innovation dans les technologies bas carbone. Enfin, même si l’IA peut contribuer à projets de réduction des émissions, elle n’est pas une solution unique : seule une coordination étroite entre secteurs technologique et énergétique permettra d’en maîtriser les risques et d’en maximiser les bénéfices.
Publié dans le n° 355 de la revue
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