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Les facteurs explicatifs des croyances conspirationnistes

Publié en ligne le 12 novembre 2021 - Conspirationnisme -
Cet article est une version adaptée et actualisée par l’auteur d’une partie d’un article paru en 2018 dans la revue Psychoscope sous le titre « L’ère du soupçon : Psychologie des croyances conspirationnistes ».

Si elles ont de tous temps existé, les théories du complot font florès de nos jours, notamment dans le nouvel « hypermarché des idées » que constituent Internet et les réseaux sociaux. Selon un sondage paru en France début janvier 2018 [1], 79 % des Français croient à au moins une théorie du complot, entendue comme une explication naïve d’un événement socialement important (mort d’une célébrité, attentat terroriste, catastrophe climatique, accident d’avion, etc.), concurrente à la version officielle, impliquant l’intervention d’un groupe agissant dans l’ombre. À en croire ces théories, la CIA aurait assassiné le président John F. Kennedy, la Nasa aurait fabriqué des fausses preuves et de fausses images de l’atterrissage de la mission Apollo sur la Lune, ou encore le SARS-Cov-2 aurait été sciemment créé en laboratoire. En France [2], environ un tiers des jeunes de moins de 35 ans pense que les attentats de ces dernières années n’ont pas été planifiés et réalisés uniquement par des terroristes islamistes, mais également par certains services secrets. De façon générale, la proportion de jeunes adhérant à une ou plusieurs théories du complot devient une préoccupation dans le domaine éducatif.

Nicolas Machiavel à l’étude (détail),
Stefano Ussi (1822-1901)

Depuis une année, la pandémie de coronavirus a été un véritable festival de théories du complot, sans réelle surprise pour les spécialistes, puisque toutes les périodes d’anxiété à grande échelle, comme les guerres, sont propices aux rumeurs et autres fake news. De plus, la pandémie offre de nombreuses voies possibles aux soupçons conspirationnistes : origine du virus, vaccins, traitements, masques, mesures de confinement, lois de restrictions temporaires des libertés, etc.

Ainsi, même si bien sûr les pourcentages exacts dépendent toujours en partie de la question posée (et du format du questionnaire, en ligne ou papier-crayon, etc.), il n’est pas étonnant qu’un sondage Ifop réalisé en France en mars 2020 [3] ait trouvé que 17 % de la population disait adhérer au développement d’un virus en laboratoire à l’origine de la Covid-19, et 9 % à une fuite accidentelle de ce laboratoire (la fuite n’étant pas une théorie du complot à proprement parler, au contraire de la thèse de la dispersion volontaire du virus hors du laboratoire). En Suisse, un très gros sondage en ligne réalisé par Tamedia auprès de plus de 25 000 personnes [4] indiquait en mai 2020 que 62 % d’entre elles adhéraient à la version la plus probable selon les spécialistes qui dit que le virus s’est propagé de l’animal à l’Homme, 30 % pensaient qu’il provient d’un laboratoire, 17 % qu’il provient de l’élevage industriel, 13 % qu’il n’est pas plus dangereux que celui de la grippe, 12 % que le virus a toujours existé, 8 % que Bill Gates et l’OMS dramatisent la situation pour leurs propres intérêts, 3 % que le déploiement de la téléphonie 5G est à l’origine de la propagation du virus, et 10 % qu’elles ne savent pas (ou ne répondent pas).

Dans cet article, je ferai un résumé des maintenant nombreuses recherches en psychologie sur les croyances aux théories du complot (pour un panorama plus complet, voir [5]). Qui sont les gens qui croient plus ou moins à ces théories, et pourquoi ces croyances sont-elles si attractives pour nos cerveaux d’Homo sapiens ? Dans un second temps, je tenterai de répondre à la question de savoir si ces croyances sont rationnellement critiquables : en effet, le terme de complotisme est chargé négativement [6, 7]. Comme il existe de vrais complots, y a-t-il des théories du complot auxquelles il serait rationnel de croire ? Les complotistes ont-ils toujours tort, ont-ils mis au jour de vrais complots ?

Complots et théories du complot

Si les complots, entendus comme des actions secrètes menées par un groupe d’individus dans un but malveillant, ont de tous temps existé dans l’Histoire, les théories du complot peuvent être définies comme des « explications » de certains événements historiques importants en termes de complot [8]. On verra que nombre de spécialistes du domaine ajoutent que ces explications sont rationnellement injustifiées ou, pour le moins, non vérifiées.

Quoi qu’il en soit, ces hypothèses de complot sont séduisantes pour l’esprit humain, comme en témoigne leur forte présence dans les récits narratifs contemporains (séries, films, best-sellers comme The Matrix, Da Vinci Code, X-Files, etc.), et sur Internet et les réseaux sociaux [9]. Une étude [10] montre par exemple que les vidéos conspirationnistes niant le réchauffement climatique et comptant des millions de vues étaient plus nombreuses que celles défendant le consensus scientifique (qui est pourtant de 95-98 % selon une étude menée en 2010 [11]).

Depuis une dizaine d’années environ, de nombreux travaux en psychologie ont tenté d’identifier les facteurs personnels (cognitifs, affectifs, motivationnels) et sociaux qui poussent à y adhérer. On peut avancer que les facteurs qui font que les croyances aux théories du complot ont actuellement un tel succès sont de trois ordres : sociaux, psychologiques, communicationnels (liés en particulier à Internet [5]).

Facteurs sociaux

Au niveau sociopolitique, les différentes facettes du sentiment d’anomie (concept multiforme défini par la méfiance envers les institutions, le sentiment de non-contrôle sur sa vie et d’impuissance, l’insatisfaction, le manque de significations et de normes, d’isolement et d’aliénation sociale [12] 1) sont toutes plus ou moins liées aux croyances aux théories du complot [13]. De même, les personnes positionnées dans les échelons les plus bas de la hiérarchie sociale, ayant un bas niveau d’éducation [14] ou un statut socio-économique faible [15] sont en général plus perméables aux théories du complot [16, 17]. Ainsi, on ne s’étonnera pas de trouver dans un échantillon représentatif de la population française que les membres, et même des sympathisants, des Gilets jaunes adhèrent davantage que les non-membres aux théories du complot.

Cette dimension sociétale des croyances aux théories du complot peut être comprise comme l’adhésion à un discours de revanche face aux élites et au système socio-économique inégalitaire. En effet, au niveau des comparaisons entre pays, le conspirationnisme est en moyenne plus haut dans les pays avec une plus grande inégalité économique (mesurée par le coefficient Gini [18]), ainsi que dans les pays moins démocratiques, moins stables politiquement, plus pauvres au niveau du PIB, ou encore ayant un degré de corruption et de chômage plus élevé. Dans cette ligne, certaines recherches montrent un lien assez évident entre le populisme et le conspirationnisme, de par la représentation quasi religieuse de la société vue comme un combat entre le peuple bon et vertueux et les élites corrompues et immorales [19].

De la même manière, l’appartenance à une minorité discriminée (comme celle des Afro-Américains aux États-Unis [20]), le fait de se sentir exclu ou dévalué socialement renforcent la tendance à croire à une théorie du complot [21]. Au niveau politique, le positionnement à la droite et l’extrême droite, ainsi que dans une moindre mesure à l’extrême gauche, est associé à davantage de croyances aux théories du complot [22]. Une étude à large échelle sur ce thème a analysé́ les données de plus de 30 000 personnes provenant de 23 pays majoritairement d’Europe. Les résultats ont montré dans la plupart des pays à la fois une relation curvilinéaire (en forme de U, plus de croyances à l’extrême gauche et à l’extrême droite qu’au centre) et une relation linéaire (plus de croyances à droite qu’à gauche) entre la position politique et le complotisme [23].

À un niveau social plus horizontal en quelque sorte, certains scientifiques ont mis en lumière une relation entre l’identité sociale (à savoir la partie de notre identité liée à l’appartenance à des groupes) et les croyances aux théories du complot. Par exemple, dans la communauté musulmane d’Indonésie, le fait d’être fortement identifié avec sa communauté était associé à une adhésion plus forte à des théories du complot accusant les États-Unis d’avoir organisé les attentats en Indonésie, attentats en réalité perpétrés par des groupes islamistes radicaux [24]. De même, les Polonais les plus identifiés à leur identité nationale avaient tendance à souscrire davantage à des théories accusant leurs voisins russes ou allemands de comploter contre eux dans le cadre des relations internationales [25]. Les théories du complot semblent relativement pratiques dans des situations d’hostilité entre groupes, puisqu’elles reviennent en fait à accuser l’ennemi de comploter sans preuves suffisantes, comme nous allons le voir plus loin.

Facteurs psychologiques

Les facteurs psychologiques jouent un rôle important. Le lecteur intéressé se reportera aux articles du dossier traitant de cette question, ou à mon livre récent qui en fait une synthèse détaillée [5].

Facteurs communicationnels

L’importance toujours plus grande dans nos vies d’Internet et des réseaux sociaux est la troisième catégorie de causes du succès des croyances aux théories du complot. Comme le souligne le sociologue Gérald Bronner [9], Internet a radicalement changé la structure du « marché de l’information » par un processus de dérégulation : si auparavant le savoir était cantonné dans des livres et des bibliothèques, des universités, ou dans la bouche des spécialistes, le déploiement d’Internet a d’abord permis de croire à un accès très démocratique, gratuit et illimité, à l’information. Mais très vite, cette belle perspective a été noyée dans un déferlement de désinformation, puisque sur Internet tout le monde, spécialistes et non-spécialistes en bien plus grand nombre, a le droit de parole. De plus, les rumeurs anxiogènes comme les théories du complot circulent plus que les informations plus pondérées, et peuvent désormais toucher instantanément des milliards d’individus sur la planète [26].

Non seulement la vitesse et la dispersion de toute information souvent fausse ou non vérifiée est décuplée, mais Internet permet un stockage indéfini de l’information et peut ainsi rendre plus vraisemblables de fausses rumeurs du même type, qui bien que non prouvées, vont en apparence se confirmer les unes les autres.

Les Pharisiens et les Hérodiens conspirent contre Jésus,
James Tissot (1836-1902)
PD, Brooklyn Museum

N’existe-t-il pas de vrais complots ?

Dans l’Histoire, de vrais complots ont été mis au jour, comme celui des industriels du tabac pour cacher la nocivité de leurs produits au grand public [27], les expériences de Tuskegee entre les années 1932 et 1972 (enrôlement en partie sans leur consentement de 600 personnes afro-américaines dont certaines atteintes de syphilis, sans traitement, afin d’étudier l’évolution de la maladie), ou encore le scandale du Watergate (écoutes illégales du Parti démocrate par le Parti républicain sous Nixon en 1972 [28]). Face à l’argument de l’existence de vrais complots, il faut noter tout de suite que si l’une ou l’autre théorie du complot pourrait s’avérer ultérieurement « vraie » (comme par exemple celle prétendant l’existence d’armes de destructions massives en Irak pour justifier l’intervention des États-Unis en 2003), la vaste majorité d’entre elles circulant sur Internet ou ailleurs est au mieux spéculative, et au pire délirante. Pour un même événement comme l’assassinat de John F. Kennedy, il existe un grand nombre de théories du complot dont seulement une pourrait être vraie : ainsi, statistiquement parlant, il est évident que la grande majorité des théories du complot sont fausses.

Et plutôt que de reconnaître certaines vertus aux théories du complot et penser que certaines après tout peuvent être vraies, il faut identifier les méthodes de leurs promoteurs, qui diffèrent radicalement de la façon dont les vrais complots ont été découverts [29, 30]. Alors que ces derniers l’ont été par des enquêtes professionnelles (journalistes d’investigation, procureurs, policiers, etc.) qui ont apporté des preuves directes du complot devant un tribunal (écoutes, aveux, documents, etc.), les théories du complot ne reposent que sur des « données erratiques », anomalies apparentes de la version officielle, qui ont dans la plupart des cas une explication plausible [31]. Par exemple, la seule présence d’un laboratoire à Wuhan et l’opacité des autorités chinoises, qui sont données comme des éléments troublants en faveur de la théorie du complot, est loin de constituer une preuve de son implication dans la création et la dispersion du virus (qui reste cependant possible, mais encore à démontrer). Seule une enquête est à même de statuer sur ce point, et cela dans un sens ou dans l’autre (implication ou non). Comme l’a relevé Sebastian Dieguez [32], aucun complotiste n’a jamais mis au jour un vrai complot…

Dans ce cadre, les théories du complot peuvent être vues comme les nombreuses prédictions d’un astrologue, qui aura fatalement « raison » dans quelques cas, non grâce à ses talents de divination, mais pour des raisons simplement statistiques – le grand nombre de prédictions – et du fait de la généralité des prédictions ! Cet astrologue aura donc en apparence « raison » pour une mauvaise raison (et une mauvaise méthode), et finalement, aura bel et bien tort. Il en sera de même pour les complotistes qui croiront à nombre de théories du complot sur la base d’éléments de preuves insuffisants qui, même si le complot est découvert par une véritable enquête, n’auront pas pour autant eu raison d’y croire sans preuves.

L’Astrologie,
François-André Vincent (1746-1816)

En conclusion, critiquer les théories du complot sur la base des recherches scientifiques et de certains principes rationnels ne revient pas à défendre à tout prix les institutions et le « Système », mais à critiquer la religion du complot (croyances sur la base de preuves insuffisantes), pour lui substituer une science du complot (enquêtes menant ou non à la preuve d’un complot).

Références


1 | « Enquête sur le complotisme » (Vague 2), Ifop – Fondation Jean-Jaurès, 2019.
2 | « Enquête sur le complotisme » (Vague 1), Ifop – Fondation Jean-Jaurès, 2018.
3 | « Covid-19 : plus d’un quart des Français pensent que le coronavirus a été fabriqué en laboratoire », Le Parisien, 28 mars 2020.
4 | « Les théories du complot séduisent plus d’un Suisse sur trois », 19 mai 2020, sur 24heures.ch
5 | Wagner-Egger P, Psychologie des croyances aux théories du complot. Le bruit de la conspiration, Presses universitaires de Grenoble, 2021.
6 | Lantian A et al., “Stigmatized beliefs : Conspiracy theories, anticipated negative evaluation of the self, and fear of social exclusion”, European Journal of Social Psychology, 2018, 48 :939-54.
7 | Nera et al., “A ‘conspiracy theory’conspiracy ? A mixed methods investigation of laypeople’s rejection (and acceptance) of a controversial label”, International Review of Social Psychology, 2020, 33 :1-18.
8 | Wagner-Egger P, Bangerter A, « La vérité est ailleurs : Corrélats de l’adhésion aux théories du complot », Revue internationale de psychologie sociale, 2007, 20 :31-61.
9 | Bronner G, La démocratie des crédules, PUF, 2013.
10 | Allgaier J, “Science and environmental communication on YouTube : Strategically distorted communications in online videos on climate change and climate engineering”, Frontiers in Communication, 2019, 4 :36.
11 | Anderegg WRL et al., “Expert credibility in climate change”, PNAS, juin 2010.
12 | Mahfud Y, Adam-Troian J, “‘Macron Demission !’ : Loss of significance generates violent extremism for the Yellow Vests through feelings of anomia”, Group Processes & Intergroup Relations, 2019.
13 | Imhoff R, Bruder M., “Speaking (un-)truth to power : Conspiracy mentality as a generalised political attitude”, European Journal of Personality, 2014, 28 :25-43.
14 | Van Prooijen JW, “Why education predicts decreased belief in conspiracy theories”, Applied Cognitive Psychology, 2017, 31 :50-8.
15 | Davis J et al., “Social devaluation of African Americans and race-related conspiracy theories”, European Journal of Social Psychology, 2018, 48 :999-1010.
16 | Oliver JE, Wood TJ, “Conspiracy theories and the paranoid style(s) of mass opinion”, American Journal of Political Science, 2014, 58 :952-66.
17 | Garrett RK, Weeks BE, “‘Epistemic beliefs’role in promoting misperceptions and conspiracist ideation”, PLoS ONE, 2017, 12.
18 | Cordonier L et al., “Why are conspiracy theories more successful in some countries than in others ? An exploratory study on Internet users from 22 Western and non-Western countries”, Social Science Information, 2021 (sous presse).
19 | Castanho SB et al., “The elite is up to something : Exploring the relation between populism and belief in conspiracy theories”, Swiss Political Science Review, 2017, 23 :423-43.
20 | Goertzel T,“Belief in conspiracy theories”, Political Psychology, 1994, 15 :731-42.
21 | Graeupner D, Coman A, "The dark side of meaning-making : How social exclusion leads to superstitious thinking”, Journal of Experimental Social Psychology, 2017, 69 :218-22.
22 | Wagner-Egger P et al., “The Yellow Vests in France : Psychosocial determinants and consequences of the adherence to a social movement in a representative sample of the population”, International Review of Social Psychology, 2021 (manuscrit soumis pour publication).
23 | Imhoff R et al., “Resolving the puzzle of conspiracy worldview and political activism : Belief in secret plots decreases normative but increases nonnormative political engagement”, Social Psychological and Personality Science, 2021, 12 :71-9.
24 | Mashuri A, Zaduqisti E, “The effect of intergroup threat and social identity salience on the belief in conspiracy theories over terrorism in Indonesia : Collective angst as a mediator”, International Journal of Psychology Research, 2015, 8 :24-35.
25 | Grzesiak-Feldman M, Kaminska-Feldman M, “The role of personal and social identity in conspiracy stereotypisation”, Polish Psychological Bulletin, 2005, 36 :205-12.
26 | Bangerter A et al., “How conspiracy theories spread”, in Butter M, Knight P (eds.) Handbook of Conspiracy –Theories, Routledge, 2020, 206-18.
27 | Proctor RN, Golden Holocaust : Origins of the cigarette catastrophe and the case for abolition, University of California Press, 2012.
28 | Basham L, Dentith M,“Social science’s conspiracy theory panic : Now they want to cure everyone”, Social Epistemology Review and Reply Collective, 2016, 10 :12-9.
29 | Boltanski L, Énigmes et complots. Une enquête à propos d’enquêtes, Gallimard, 2012.
30 | Wagner-Egger P et al., “Why ‘Healthy Conspiracy Theories’Are (Oxy)morons : Statistical, Epistemological, and Psychological Reasons in Favor of the (Ir)Rational View”, Social Epistemology Review and Reply Collective, 2019, 8 :50-67.
31 | Keeley BL,“Of conspiracy theories”, The Journal of Philosophy, 1999, 96 :109-26.
32 | Dieguez S, Total bullshit ! Au cœur de la post-vérité, PUF, 2018.

1 Pour ce renvoi et les suivants, on trouvera en [5] de nombreuses références complémentaires.

Publié dans le n° 337 de la revue


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L' auteur

Pascal Wagner-Egger

Enseignant-chercheur en psychologie sociale et en statistique à l’université de Fribourg.

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Conspirationnisme

Conspirationnisme et théories du complot sont des concepts aux frontières parfois floues. L’accusation de « complotisme » sert aussi souvent dans les controverses d’argument pour disqualifier un contradicteur. Et il ne faut pas confondre toute croyance infondée, voire absurde, avec une croyance à un complot. La sociologue Eva Soteras propose ainsi quatre « piliers » qui peuvent permettre de caractériser une théorie du complot : 1. l’absence de hasard ou de coïncidences ; 2. tous les événements sont le fruit d’actions cachées (« à qui profite le crime ? ») ; 3. tout n’est qu’illusion (« on nous ment ») 4. et tous les événements qui font l’histoire sont liés entre eux.