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Théories du complot, conspirationnisme : de quoi parle-t-on ?

Publié en ligne le 29 juillet 2021 - Conspirationnisme -
Introduction du dossier

Les théories du complot et le conspirationnisme occupent une place de choix dans les débats médiatiques. Mais de quoi parle-ton exactement ? Qu’est-ce qui caractérise une théorie du complot et la différencierait d’un ensemble de fausses affirmations ? L’adhésion à une théorie du complot serait-elle plus particulièrement le fait de certains groupes sociaux ? Serait-elle caractéristique de certains traits de personnalité ? Les différentes théories du complot peuvent-elles être décrites de façon uniforme ? Convient-il de distinguer différents degrés d’adhésion ? Les complots dénoncés aujourd’hui ne seront-ils pas les complots avérés de demain ?

L’ambition de ce dossier n’est pas d’apporter des réponses complètes et définitives à toutes ces questions. Plus modestement, il se propose d’exposer un certain nombre d’éclairages venant de différentes disciplines. Les points de vue présentés ne prétendent pas à l’exhaustivité, ni même à une totale cohérence entre eux, s’agissant d’un domaine complexe où de nombreuses recherches sont en cours.

Conspirationnisme et théories du complot : quelles définitions ?

Le terme de « théorie du complot » évoque d’abord des théories invraisemblables. La Terre serait plate, des reptiliens extra-terrestres seraient déguisés en humains et dirigeraient le monde, les gouvernements répandraient par avion des produits chimiques (les chemtrails [1]) afin de réguler la croissance démographique, les attentats du 11 septembre 2001 auraient été préparés et réalisés par la CIA, Bill Gates se servirait de la vaccination contre la Covid-19 pour implanter des puces électroniques sous notre peau afin de pouvoir nous contrôler…

Dans la plupart des cas, comme le note le politologue Michael Barkun [2], ces théories sont incompatibles avec les explications officielles ou dominantes et, en tant que telles, « elles s’opposent à l’orthodoxie sur le sujet concerné ». Il ne faut cependant pas voir dans toute contestation d’explication ou de vision dominante une forme de complotisme. Mais il est vrai que la connotation négative et stigmatisante du terme « complotiste » fait de son usage un outil bien utile pour discréditer un contradicteur, sans forcément référer à une réalité précisément décrite. Et comme le souligne l’économiste Edward S. Herman, une critique radicale ne peut être invalidée et traitée de théorie du complot au seul motif qu’elle ne serait reprise par aucun grand organe de presse [3].

L’Incrédulité de saint Thomas, Caravage (1571-1610)

Des procédés rhétoriques d’authentiques théories du complot peuvent se retrouver dans de nombreuses controverses sans pour autant qu’ils suffisent à caractériser la nature conspirationniste de leurs auteurs. Dans l’introduction au dossier que la revue Diogène a consacré en 2015 au sujet, les sociologues Véronique Campion-Vincent et Jean-Bruno Renard [4] mettent en garde contre un « militantisme » qui peut conduire « à étendre abusivement la notion de théorie du complot à toute contestation d’un événement » alors qu’elle devrait être réservée « aux seules théories présentant une dimension historique et interprétant des pans entiers de l’histoire, voire sa totalité, comme résultat de l’intervention de “forces obscures” ».

En réalisant ce dossier, nous étions conscients des frontières floues et du caractère parfois mal défini de son objet. Par ailleurs, les différents chercheurs du domaine, quand ils prennent le temps de bien expliciter les concepts qu’ils analysent, ne s’accordent pas tous sur une définition unique ou sur des définitions cohérentes entre elles. Il importe alors de ne pas mettre toutes les théories supposées du complot dans un même panier ni de traiter ceux qui y adhèrent comme un tout homogène (voir l’article « Pourquoi nous ne devons pas traiter toutes les théories du complot de la même façon » de Jaron Harambam).

En particulier, si l’ensemble des théories conspirationnistes s’alimente souvent de procédés argumentatifs communs (voir l’article « Millefeuilles argumentatifs : de puissants vecteurs de crédulité » de Gérald Bronner), il ne faudrait pas voir dans le recours à ces procédés une caractérisation univoque d’une théorie du complot. Pas plus qu’il ne faudrait confondre toute croyance infondée, voire absurde, avec une croyance à un complot. Comme le note l’historien Emmanuel Kreis : « Croire à des bêtises, ce n’est pas être conspirationniste » [5].

La sociologue Eva Soteras propose ainsi quatre « piliers » qui peuvent permettre de caractériser une théorie du complot [6] :

  1. l’absence de hasard ou de coïncidences ;
  2. tous les événements sont le fruit d’actions cachées (« à qui profite le crime ? ») ;
  3. tout n’est qu’illusion (« on nous ment »)
  4. et tous les événements qui font l’histoire sont liés entre eux.

Les sondages

Pouvoir qualifier et quantifier la diffusion des théories du complot est un élément majeur de l’analyse. S’agit-il de théories marginales ? Quel est le degré d’adhésion à une théorie ? Les sondages fournissent d’importants éléments d’information. Ils montrent que les différentes théories du complot rencontrent un écho significatif, même si les degrés d’adhésion et la signification apportée à cette adhésion se doivent d’être précisés. Ces enquêtes fournissent de très nombreuses informations sur les profils sociodémographiques ou les préférences politiques. Mais elles doivent aussi être maniées avec prudence et il importe alors de garder en tête leurs limites inhérentes et les biais qui peuvent être induits.

Illusions, Henry Brown Fuller (1867-1934)

Tout d’abord, l’imprécision sur la définition de complotisme se trouve souvent exacerbée dans les sondages au travers de questions parfois floues, ou par la mise au même niveau de croyances qui ne relèvent pas toutes d’une même définition de la notion de complot. Ainsi, l’Ifop a-t-il mis en place pour le compte de la Fondation Jean-Jaurès et de Conspiracy Watch des « enquêtes sur le complotisme », avec une première vague en 2018 [7] et une deuxième vague en 2019 [8]. De ces sondages, il ressort que « 79 % des Français croient à au moins une théorie complotiste » (2018). L’étude a recueilli de très nombreuses données permettant une analyse détaillée des facteurs associés aux différentes croyances identifiées. Cependant, dans les « théories du complot » retenues, on trouve des choses parfois très disparates qui ne relèvent pas forcément d’une définition partagée du complotisme : « La CIA est impliquée dans l’assassinat du président John F. Kennedy à Dallas », « Le ministère de la Santé est de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité sur la nocivité des vaccins », « Dieu a créé l’Homme et la Terre il y a moins de 10 000 ans », « Les groupes terroristes djihadistes comme AlQaïda ou Daech sont en réalité manipulés par les services secrets occidentaux ». Et les degrés d’adhésion peuvent aussi être très variables.

Une autre enquête a conduit au titre d’un article du journal Le Monde selon lequel « la moitié des Français croient aux théories du complot » [9]. Dans ce sondage [10], c’est l’affirmation suivante, approuvée par 51 % des personnes, qui justifiait le titre : « Ce n’est pas le gouvernement qui gouverne la France ; on ne sait pas en réalité qui tire les ficelles. » Le sondage proposait différentes options possibles pour incarner ces « groupes qui manœuvrent la France dans les coulisses » : la finance internationale, certains groupes religieux, d’autres pays qui cherchent à nous dominer, les grandes chaînes de télévision et la presse écrite, des groupes secrets comme les francs-maçons. Là aussi, il peut sembler abusif de tout confondre dans une même définition de complotisme.

Qui adhère aux théories du complot et pourquoi ?

Si les analyses ne sont pas toutes convergentes, l’adhésion à une ou plusieurs théories du complot n’épargne aucune partie de la population. Mais un certain nombre de traits psychologiques et de caractéristiques sociodémographiques et politiques semblent émerger, en lien avec des facteurs communicationnels (voir l’article « Les facteurs explicatifs des croyances conspirationnistes » de Pascal Wagner-Egger). De façon plus spécifique, l’idéologie, la confiance dans les institutions et la position vis-à-vis du « Système » semblent avoir une corrélation marquée avec l’adhésion à certaines théories du complot, avec des théories « privilégiées » selon les préférences politiques précises des personnes concernées (voir les articles « Qui croit aux théories complotistes et pourquoi ? » de JeanBruno Renard et « Le rôle de la confiance et du politique dans le complotisme » de Thierry Ripoll).

Existe-t-il des profils psychologiques types, voire des biais de raisonnement qui nous prédisposeraient, potentiellement, à adopter certaines thèses complotistes ? Ou faut-il envisager une causalité inverse où « le complotisme viendrait pour ainsi dire d’abord, et activerait ensuite, au besoin, les biais cognitifs nécessaires pour justifier et renforcer les conclusions auxquelles il permet d’aboutir en premier lieu » (voir l’article « Y a-t-il un profil type du complotiste ? » de Sylvain Delouvée et Sebastian Dieguez) ?

Ève bretonne (« Pas écouter li… li... menteur »), Paul Gauguin (1848-1903)

D’une façon générale, il peut y avoir de « bonnes raisons » de croire en des idées fausses [11], et aussi d’être sensible à des théories conspirationnistes, sans pour autant que ces « raisons » ne valident en quoi que ce soit les théories en question (voir « Du “moon hoax” aux Illuminati : les raisons du succès des théories du complot » de Laurent Cordonier).

La place d’Internet dans la diffusion des théories du complot d’aujourd’hui est déterminante. Difficile de dire si elles sont de ce fait plus nombreuses qu’avant, mais il est clair que les technologies numériques offrent des moyens démultipliés pour leur diffusion à large échelle. Les attentats du 11 septembre 2001 et les théories du complot qui les ont entourés sont peutêtre l’un des premiers exemples de ce « conspirationnisme 2.0 » (voir l’article « Attentats du 11 septembre 2001 : les premières théories du complot 2.0 » de Jérôme Quirant).

Pas sans conséquences

Les théories du complot ne sont pas juste des curiosités intellectuelles, des bizarreries à l’image de la croyance, pourtant répandue, en une Terre plate. Elles favorisent des événements aux conséquences tout à fait concrètes. Le Protocole des Sages de Sion en est un des meilleurs exemples historiques : créé de toutes pièces par la police tsariste en 1903, ce texte se présente comme une compilation de comptes rendus de réunions secrètes d’importants personnages juifs visant à mettre en œuvre un plan de domination du monde. Il a connu une très large diffusion internationale et a alimenté les discours antisémites du XXe siècle (et continue même de servir de support à certains discours de ce début du XXIe siècle [12]). On y retrouve tous les ingrédients classiques de la théorie du complot, en particulier les « quatre piliers » évoqués plus haut. Et ce sont des historiens qui vont ici faire œuvre de « debunking » (démontage point par point) [13].

La journaliste Doan Bui rend compte, dans un chapitre d’une bande dessinée très complète (Fake News, l’info qui ne tourne pas rond [14]), de son enquête auprès des parents d’enfants victimes de la fusillade de l’école de Sandy Hook aux États-Unis en 2012, qui a fait 28 victimes dont 20 écoliers. Elle y décrit la nébuleuse conspirationniste qui s’est constituée, contestant l’existence même de la fusillade, incriminant un complot des partisans de l’interdiction des armes à feu et harcelant systématiquement les parents qui témoignent, les présentant comme des acteurs payés pour tenir les propos qu’ils tiennent, et obligeant certains d’entre eux à déménager et se cacher.

Les différentes théories du complot autour de la pandémie en cours (complot de « big pharma » sur les traitements, sur les vaccins, etc.) ont contribué à obscurcir l’information disponible (voir l’article « Conspirationnisme et épidémie de Covid-19 » du vidéaste G Milgram). Là aussi, il importe de bien « distinguer les théories du complot, dangereuses, des simples critiques de l’action des autorités, saine prophylaxie en démocratie » [15]. Les mécanismes sous-jacents à l’hésitation vaccinale présentent quelques caractéristiques communes tout au long de l’histoire et permettent de mieux comprendre le dégradé allant de questionnements légitimes jusqu’aux théories conspirationnistes les plus ahurissantes (voir l’article « L’antivaccinisme est-il soluble dans l’histoire ? » de Laurent-Henri Vignaud).

L’origine du virus SARS-Cov-2

L’origine du virus SARS-CoV-2 responsable de la pandémie mondiale de Covid-19 ne fait pas encore l’objet de certitudes scientifiques. Issu probablement de la chauve-souris (qui héberge un virus proche), la question de son passage à l’Homme reste objet de discussions. Est-il passé directement de l’une à l’autre ? At-il d’abord infecté un hôte intermédiaire pour muter et ensuite infecter l’Homme ? Si le pangolin, comme possible hôte intermédiaire, est maintenant innocenté, il n’y a encore aucune réponse définitive à ces questions.

Dès le début de la pandémie, différentes théories alternatives ont émergé. En particulier, le Pr Luc Montagnier a très vite développé la théorie selon laquelle le virus serait une création volontaire dans un laboratoire de Wuhan en Chine, berceau probable de l’épidémie. Il invoquait une « proximité génétique » du virus responsable du sida (le VIH) et de celui responsable de la Covid-19 et décrivait les pressions qui auraient été faites contre des chercheurs indiens qui auraient soutenu cette supposition [1]. Cette hypothèse de création humaine à partir du VIH a été réfutée par la communauté scientifique sur la base des analyses génétiques des souches de virus [2]. Une autre théorie a voulu imputer à l’Institut Pasteur la création de ce virus en s’appuyant sur le dépôt d’un brevet portant sur « une nouvelle souche de coronavirus associée au SRAS et ses applications ». Il s’agissait en fait de la découverte d’un virus de la famille des coronavirus, et non pas de sa création [2].

Ces théories ne peuvent en aucun cas s’appuyer sur les connaissances scientifiques disponibles et elles s’accompagnent des autres traits qui caractérisent souvent les théories du complot : action secrète, volonté de nuire, etc.

Mais une autre hypothèse a, récemment, fait son apparition : celle de la fuite accidentelle du virus. Ce scénario n’est pas impossible, même s’il n’est pas privilégié par la commission d’enquête de l’OMS [3]. Le fait que l’on n’ait pas encore identifié la chaîne de contamination qui relierait le virus de la chauvesouris au virus SARS-CoV-2 responsable de la pandémie, ajouté à l’opacité des autorités chinoises sur les activités du laboratoire de Wuhan, donnent un écho à cette hypothèse. Un appel signé par plusieurs scientifiques et publié dans la revue Science [4] invite à ne pas écarter trop rapidement cette piste et à mener les investigations jusqu’au bout.

Il importe de bien distinguer les deux hypothèses, et aussi, quand on évoque une possible théorie du complot, de bien prendre en compte, au delà de l’affirmation elle-même, les données et arguments mis en avant ainsi que le raisonnement invoqué. Les théories du Pr Montagnier n’ont, dans ce cas, non seulement aucun rapport avec l’hypothèse évoquée par les auteurs de l’appel de Science, mais surtout, n’ont proposé strictement aucun argument sérieux.

Références
1 | Krivine JP, « Le Pr Luc Montagnier ou la rumeur du virus fabriqué dans un laboratoire », Science et pseudo-sciences n° 333, juillet 2020.
2 | Goutte-Gattat D, « Le coronavirus s’est-il échappé d’un laboratoire ? », Science et pseudo-sciences n° 333, juillet 2020.
3 | “WHO report into COVID pandemic origins zeroes in on animal markets, not labs”, Nature, 30 mars 2021.
4 | Bloom JD et al., “Investigate the origins of COVID-19”, Science, 2021, 372 :694.

Dernier exemple : QAnon. Il s’agit d’une nébuleuse née aux États-Unis, mais se propageant bien au-delà. Les théories conspirationnistes qu’elle promeut et qui affirment, entre autres, l’existence d’un complot pédo-satanique des « élites » rencontrent un écho surprenant en France. Elles influencent également des comportements collectifs avec, par exemple, le rôle joué par QAnon dans l’invasion du Capitole à Washington le 6 janvier 2021 (voir l’article « QAnon et le “complot pédophile” » de Véronique Campion-Vincent et Eymeric Manzinali).

La Femme au tigre, Frederick Stuart Church (1842-1924)

La fiction et la réalité

Dans un tout autre registre, les œuvres de fiction, qu’elles soient littéraires, télévisuelles ou cinématographiques, trouvent dans le thème du complot une source d’inspiration féconde. Alimentent-elles en retour l’imaginaire du monde conspirationniste ? Ou s’en inspirent-elles ? (voir les articles « La vérité est ailleurs : le complotisme comme fiction » de Sebastian Dieguez et Sylvain Delouvée et « Quand la fiction inspire les théories du complot » d’Irène Delse).

Mais au-delà de la fiction, au-delà des théories du complot, il existe bien entendu de véritables complots. Le philosophe Karl Popper, un des premiers à avoir introduit le terme de conspirationnisme, faisait remarquer [16] : « Je ne veux pas laisser entendre que les complots ne se produisent jamais. Au contraire, ce sont des phénomènes sociaux typiques. Ils deviennent importants, par exemple, chaque fois que des gens qui croient en des théories du complot accèdent au pouvoir. Et les gens qui croient sincèrement qu’ils savent comment faire le paradis sur Terre sont les plus susceptibles d’adopter une théorie du complot et de s’impliquer dans une contre-conspiration contre des conspirateurs inexistants. Car la seule explication de leur échec à produire leur paradis est la mauvaise intention du diable, qui a un intérêt direct dans l’enfer. »

Concluons avec les propos du sociologue Pascal Wagner-Egger dans ce dossier de Science et pseudo-sciences : « Plutôt que de reconnaître certaines vertus aux théories du complot et penser que certaines, après tout, peuvent être vraies, il faut identifier les méthodes de leurs promoteurs, qui diffèrent radicalement de la façon dont les vrais complots ont été découverts [avec des] enquêtes professionnelles (journalistes d’investigation, procureurs, policiers, etc.) qui ont apporté des preuves directes du complot devant un tribunal (écoutes, aveux, documents, etc.). »

Si les vrais complots existent, ils ressemblent rarement à ceux qui nous sont proposés par les promoteurs d’une théorie du complot particulière, et ces derniers n’ont jamais contribué à en mettre un à jour.

Dossier coordonné par Jean-Paul Krivine. Merci à Véronique Campion-Vincent pour ses conseils et suggestions.
Références

1 | Quirant J, « Chemtrails : pour dissiper la brume… », Science et pseudo-sciences n° 302, octobre 0212.
2 | Barkun M, « Les théories du complot comme connaissance stigmatisée », Diogène, 2015, 249-250 :168-76.
3 | Herman ES, “The Propaganda Model Revisited”, Monthly Review, 8 janvier 2018
4 | Campion-Vincent V, Renard JB (eds.), « Les théories du complot aujourd’hui », Diogène, 2015, 249-250.
5 | Kreis E, « Théories du complot : “Croire à des bêtises, ce n’est pas être conspirationniste” », Le Monde, 10 janvier 2018.
6 | Soteras E, Des théories du complot aux conspirationnismes, Éditions Laborintus, 2020.
7 | « Enquête sur le complotisme » (Vague 1), Ifop – Fondation Jean-Jaurès, 2018.
8 | « Enquête sur le complotisme » (Vague 2), Ifop – Fondation Jean-Jaurès, 2019.
9 | Parienté J, « La moitié des Français croient aux théories du complot », Le Monde, 3 mai 2018.
10 | Gombin J, “Conspiracy theories in France”, Interim report, Counterpoint, 3 mai 2013.
11 | Boudon R, L’art de se persuader des idées douteuses, fragiles ou fausses, Fayard, 1990.
12 | Taguieff PA, « Invention et réinventions du mythe des “Sages de Sion”. De la “conspiration juive” au “complot sioniste mondial” dans le monde arabo-musulman », Revue d’Histoire de la Shoah 2004/1, 180 :172-219.
13 | Sallée F, La mécanique de l’histoire, Cavalier bleu, 2019.
14 | Bui D, Plée L, Fake news, l’info qui ne tourne pas rond, Delcourt, 2021.
15 | Sermondadaz S, « Face à la pandémie, où tracer la frontière entre propos critiques et complotistes ? », Heidi.News, 22 février 2021.
16 | Popper K, The Open Society and Its Enemies, Routledge, 1945.

Publié dans le n° 337 de la revue


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Conspirationnisme

Conspirationnisme et théories du complot sont des concepts aux frontières parfois floues. L’accusation de « complotisme » sert aussi souvent dans les controverses d’argument pour disqualifier un contradicteur. Et il ne faut pas confondre toute croyance infondée, voire absurde, avec une croyance à un complot. La sociologue Eva Soteras propose ainsi quatre « piliers » qui peuvent permettre de caractériser une théorie du complot : 1. l’absence de hasard ou de coïncidences ; 2. tous les événements sont le fruit d’actions cachées (« à qui profite le crime ? ») ; 3. tout n’est qu’illusion (« on nous ment ») 4. et tous les événements qui font l’histoire sont liés entre eux.