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Qui croit aux théories complotistes et pourquoi ?

Publié en ligne le 16 novembre 2021 - Conspirationnisme -
Ce texte est un résumé actualisé par l’auteur de l’article « Les causes de l’adhésion aux théories du complot », Diogène, 2015, 249-250 :107-119.
Merci à la rédaction de Diogène pour son autorisation.

Le sociologue Raymond Boudon a montré que « lorsque des croyances s’installent dans l’esprit des individus, c’est que ceux-ci ont des raisons fortes d’y adhérer » [1]. Cette approche par « la rationalité générale » – à ne pas confondre avec « la raison » – apparaît comme particulièrement féconde. Il s’agira donc de chercher les a priori, les conjectures, les raisonnements plus ou moins explicites qui sont les « bonnes raisons » qu’ont les individus de croire à des idées, même les plus étranges. Ces principes peuvent aisément s’appliquer aux croyances conspirationnistes. On distinguera les causes culturelles, générales, qui rendent réceptifs aux idées conspirationnistes, et les causes idéologiques, qui expliquent l’adhésion de certains individus à telle théorie du complot plutôt qu’à telle autre.

Les causes culturelles générales : la perte de confiance

La cause culturelle principale du conspirationnisme est la perte de confiance dans les autorités traditionnellement porteuses des discours qui prétendent à la vérité. Des instituts de sondage ont mis en place des « baromètres de la confiance », notamment la confiance dans les médias et dans la politique. La méfiance est devenue un état d’esprit dominant. Environ 70 % des Français jugent que l’« on n’est jamais assez prudent quand on a affaire aux autres » [1]. Dans son ouvrage Éloge de la confiance [3], le sociologue Patrick Watier rappelle le rôle essentiel que joue la confiance dans les relations sociales. Les conséquences de la perte de confiance sont « le doute à propos de toute affirmation sur le monde et les autres, une suspension radicale des évidences d’arrière-plan, [qui] rendent la communication et la compréhension impossibles ». Le lexique opposé à la confiance – mensonge, manipulation, dissimulation, secret – est celui-là même utilisé par les conspirationnistes au nom de la défense de la vérité.

Le rapport des Français aux médias repose sur une confiance limitée. Si un peu plus de 50 % des personnes interrogées pensent que la restitution de l’information par les médias est correcte, environ 40 % estiment que ceux-ci restituent l’information de manière déformée ou fausse [4]. Des faits réels alimentent cette méfiance : fausses interviews en direct à la télévision 1, représentation déformée (même involontairement) de la réalité, journalistes inventant de faux reportages [5].

Rumeurs et complots


Les spécialistes des rumeurs se sont tout naturellement intéressés aux théories du complot lorsqu’ils se sont aperçus que les concepts et les mécanismes psychosociologiques mobilisés étaient semblables.

Allport et Postman [1] ont établi que les rumeurs naissent lorsque des événements sont perçus par une population à la fois comme importants, historiquement ou émotionnellement, et comme ambigus, en ce sens que les informations les concernant sont jugées insuffisantes ou peu fiables. Ce sont des événements de cette nature qui suscitent des théories du complot : l’assassinat de Kennedy en 1963, la mort de Lady Diana en 1997, le 11 septembre 2001, les attentats de Paris en 2015… Les fonctions psychologiques et sociales des théories du complot sont très proches de celles que remplissent les rumeurs : une fonction cognitive, en ce sens qu’elles apportent, même si elles sont fausses, des informations et, plus encore, des explications à ce qui semble incompréhensible ; une fonction affective, en ce qu’elles permettent l’expression de sentiments (peur ou espérance pour les rumeurs, méfiance envers les institutions, voire haine du « système », pour le conspirationnisme) ; une fonction normative, parce que les rumeurs et les théories du complot désignent les bons et les méchants, le camp du bien et celui du mal. Sans doute peut-on ajouter pour les théories du complot une fonction mobilisatrice : celui qui croit sérieusement à leur existence adopte souvent une posture d’avertissement de son entourage et de lutte contre le camp du mal qui lui permet de se représenter en lanceur d’alerte héroïque qui agit contre l’état lamentable du monde.

Les rumeurs et les théories du complot ont également en commun de se développer sur la zone grise qui sépare le vrai du faux : le champ du plausible. Rien ne permet a priori de distinguer une fausse information d’une information exacte. Les fausses rumeurs sont l’objet de croyances parce que des rumeurs se sont révélées vraies : ainsi, il y a de fausses rumeurs sur des virus informatiques mais les virus informatiques existent bel et bien ; il y a des paniques alimentaires irraisonnées mais des intoxications sont avérées ; il y a des récits de crimes imaginaires mais les faits divers regorgent d’actes criminels. Cela vaut pour les théories du complot : l’existence réelle de conspirations dans l’Histoire – qu’elles aient réussi ou échoué – rend vraisemblables les théories du complot.

Le moteur qui fait que les rumeurs émergent, se diffusent et suscitent l’adhésion a été clairement identifié par le psychosociologue Michel-Louis Rouquette [2] : il s’agit de l’implication, c’est-à-dire le fait que des individus se sentent « concernés », objectivement ou subjectivement, par les messages qui circulent. Une personne accueillera d’autant plus favorablement une rumeur que celle-ci lui paraîtra confirmer ses idées, ses sentiments et ses préjugés. Il n’en va pas autrement avec le conspirationnisme : la propension à adhérer aux théories du complot, et à telle théorie plutôt qu’à telle autre, dépend en premier lieu de ce qu’elles apportent aux individus en termes de confirmation identitaire et de distinction sociale.

Références
1 | Allport GW, Postman LJ, « Les bases psychologiques des rumeurs », in Lévy A (éd.), Psychologie sociale, textes fondamentaux anglais et américains, Dunod, 1965.
2 | Rouquette ML, « Le syndrome de rumeur », Communications, 1990, 52 :119-23.

Extrait de
Campion-Vincent V, Renard J-B, extrait de l’introduction au dossier « Les théories du complot aujourd’hui », Diogène, 2015, 249-250 :107-19.

La perte de confiance dans « la politique et les politiciens » est plus forte encore. Pour 85 % des personnes interrogées [2], les responsables politiques se préoccupent peu ou pas du tout de ce que pensent les gens. Pour 77 %, les élus et les dirigeants politiques français sont plutôt corrompus. Le « tous pourris », sur lequel surfent les populismes de tous bords et le conspirationnisme, est donc nettement une opinion dominante. La perte de confiance dans les politiciens est confortée par de nombreuses affaires de mensonge avéré : Nixon et le Watergate, Bush et les armes de destruction massive en Irak, l’affaire Cahuzac, etc. Les vraies affaires de mensonge rendent vraisemblables de prétendus mensonges que disent révéler les conspirationnistes. La méfiance envers le personnel politique se traduit notamment par un taux élevé d’abstention électorale. C’est pourquoi l’adhésion au conspirationnisme est très forte chez les abstentionnistes. Ce « triomphe du non-politique », selon l’expression de la journaliste Michèle Cotta [6], est le terreau sur lequel le conspirationnisme prospère, remplaçant les acteurs politiques visibles par des acteurs cachés.

Cicéron dénonce Catilina,
Cesare Maccari (1840-1919)
En 63 av. J.-C., le sénateur romain Catilina ourdit un complot pour prendre le pouvoir après avoir tenté sans succès de se faire élire consul. Ce projet échoue, grâce notamment à la vive réaction de Cicéron qui dénonce publiquement la conjuration dans une série de discours passés à la postérité : les Catilinaires.

Même les institutions du savoir subissent une perte de confiance. Les enseignants sont les premiers à souffrir de ce mal avec des élèves qui contestent des connaissances pourtant établies. L’accueil favorable des jeunes aux idées conspirationnistes a été souligné par plusieurs articles de presse, dont l’un s’intitule non sans humour : « Le bac, option complot » [7]. Des enseignants témoignent des questions posées par les élèves sur le 11-Septembre, la Shoah, etc., et de leur insatisfaction envers les réponses données, d’où des réactions du style : « M’sieur, vous dites ça parce que vous êtes un Illuminati ! »

La confiance dans les experts s’est effritée. Le spectacle des « batailles d’experts » – sur les risques environnementaux ou alimentaires, et aujourd’hui sur la pandémie de Covid-19 – déroute le grand public, qui ne sait plus à qui se fier. Au mieux, les experts sont perçus comme ayant des connaissances qui ne sont pas solidement établies, au pire ils sont considérés comme des menteurs défendant des intérêts particuliers.

On pourrait croire que la science, qui est soutenue par des preuves, entraîne la conviction et n’a donc nul besoin de solliciter la confiance. En réalité, la confiance est bien présente : dans la fiabilité des sources, des témoignages, des observations, des expériences, dans la réputation des institutions et des chercheurs [3]. Or tout cela s’est fissuré. Non pas tant à cause de quelques affaires de trucages d’expériences ou de doutes sur la validité des résultats mais, de manière plus fondamentale, parce que nous savons aujourd’hui que les connaissances scientifiques évoluent rapidement, que la compréhension des différents sujets scientifiques devient de plus en plus complexe et que les débats relatifs aux innovations vont trop vite (voir l’analyse du baromètre « Science et société », octobre 2020 [8]). Ajoutons que les applications de la science sont de plus en plus perçues comme liées à des intérêts idéologiques ou économiques (armée, entreprises, etc.) compromettant une part de la confiance traditionnellement accordée aux scientifiques pour la neutralité supposée de leur approche. Cela crée dans le grand public un appel d’air à toutes sortes d’hypothèses alternatives, même marginales : toutes les connaissances se valent. Ce relativisme aboutit, paradoxalement, non au scepticisme, mais à des revendications contestant le savoir dominant : par exemple, l’enseignement de la théorie de l’évolution fait l’objet de contestations grandissantes de la part de parents et d’élèves [9].

Comme on ne peut pas vivre sans confiance, celle-ci s’est désormais reportée, pour beaucoup d’individus, sur les nouveaux moyens de communication. Avec Internet et les réseaux sociaux, le conspirationnisme va trouver ses supports technologiques. Le Web suit le relativisme ambiant en mettant toutes les idées – vraies, fausses ou douteuses – sur le même plan. Il va être un formidable moyen de diffusion pour les théories du complot et une tribune pour les leaders conspirationnistes. De leur côté, les réseaux sociaux, qui cultivent l’entre-soi et le tribalisme, ont pris la place des autorités traditionnelles. On comprend alors la plus grande réceptivité des jeunes au conspirationnisme puisque le Web et les réseaux sociaux, dont ils font un usage intense, leur fournissent des connaissances alternatives, parfois plus séduisantes.

Marionnette du lutteur de sumo Hidenoyama Raigoro,
Utagawa Kunisada (1786-1865)

Il faut souligner le rôle de la culture de masse dans la création d’un climat mental favorable au conspirationnisme. Le roman d’espionnage, inspiré par les activités militaires de renseignements pendant les deux guerres mondiales et la guerre froide, a habitué le public aux attitudes de méfiance et de soupçon [3]. Depuis une vingtaine d’années, la culture de masse américaine – diffusée dans le monde entier – exploite largement le thème du complot, par exemple dans des séries TV comme X-Files (1993-2002) ou dans des best sellers comme le Da Vinci Code (2003).

Le lien avec les idéologies

Il n’y a pas de « profil sociologique » (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle) propre aux croyants aux théories du complot. Le niveau d’instruction semble cependant jouer un rôle [10] : un faible niveau d’instruction rend indifférent aux idées conspirationnistes (sans doute par méconnaissance), plus d’instruction (niveau lycée) favorise les idées conspirationnistes et plus d’instruction encore (niveau études supérieures) en éloigne. Il est intéressant de noter que cet effet ambivalent de l’instruction se rencontre aussi pour les croyances au paranormal (ovnis, yéti, extraterrestres) [11].

Proximité politique relative à l’adhésion à deux affirmations complotistes


Extrait de l’enquête sur le complotisme – Vague 2. Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch (2019).

Les théories du complot ont une audience variable : 59 % des Américains pensent qu’il y a un complot derrière l’assassinat de Kennedy [12], 36 % que le gouvernement américain a laissé faire, voire organisé, les attentats du 11-Septembre [13] et 6 % seulement que les astronautes américains ne sont jamais allés sur la Lune [14]. Les croyances varient aussi selon les groupes sociaux et les pays. Des raisons spécifiques expliquent cette adhésion préférentielle à telle ou telle théorie du complot, qui est plus facilement crue par les individus dont elle confirme les idées, les croyances et les préjugés.

Toutes les études constatent une corrélation entre les idées conspirationnistes et un positionnement politique extrême, qu’il s’agisse de l’extrême droite ou de l’extrême gauche [15] (voir aussi encadré).

Un sondage d’opinion [16, 17] a demandé aux personnes interrogées leur avis sur l’énoncé suivant : « Ce n’est pas le gouvernement qui gouverne la France. On ne sait pas en réalité qui tire les ficelles. » Les pourcentages les plus élevés d’adhésion à une vision complotiste se trouvent chez les électeurs de Marine Le Pen (72 %) et chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (56 %). La présence plus faible du conspirationnisme dans le second électorat s’expliquerait par un courant qui met en garde les militants contre les explications simplistes des théories du complot, celles-ci accusant des individus ou des groupes au lieu de s’en prendre au système. Ainsi le site Web d’un mouvement anarcho-communiste dénonce-t-il en 2009 le conspirationnisme comme un « nouveau socialisme des imbéciles » [18] (l’ancien « socialisme des imbéciles » étant l’antisémitisme de gauche au XIXe siècle). On note aussi un pourcentage élevé d’adhésion au conspirationnisme chez les abstentionnistes, qui confirme les analyses sur la méfiance envers le politique.

Il est intéressant d’examiner comment sont répandues dans les divers électorats certaines opinions concernant les groupes qui sont supposés « tirer les ficelles » : les sociétés secrètes (francs-maçons, etc.), des groupes religieux, l’étranger, les grands médias, la finance internationale. Les électeurs de Marine Le Pen adhèrent à toutes ces réponses beaucoup plus que la moyenne des personnes interrogées. Mais il existe aussi un conspirationnisme présent dans une partie de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon qui dénonce l’action des francs-maçons et le rôle de la finance internationale. Chez les abstentionnistes, comme on pouvait s’y attendre puisqu’ils sont sceptiques sur la possibilité pour les électeurs d’influer sur la politique, on retrouve une plus importante proportion de personnes qui dénoncent les manipulateurs de l’intérieur (la franc-maçonnerie) et de l’extérieur (l’étranger). Les électeurs des partis plus au centre de l’échiquier politique adhèrent bien moins à des idées complotistes traditionnelles comme les sociétés secrètes ou la main de l’étranger. Selon leur sensibilité politique, ils se méfieront plutôt des médias (électeurs de droite) ou dénonceront la finance internationale (électeurs de gauche et du centre).

Si l’adhésion aux théories du complot n’épargne aucun électorat, les enquêtes d’opinion, avec toutes leurs limites, indiquent bien une plus forte présence dans les électorats situés aux extrêmes de l’échiquier politique. Contrairement à ce que beaucoup de journalistes et d’essayistes voudraient faire croire, cela ne concerne donc pas que certains courants de l’extrême droite, mais également certains courants de l’extrême gauche. Les théories du complot qui sont accueillies plus favorablement sont celles qui iront dans le sens de leurs croyances et engagements.

La Conjuration des Bataves sous Claudius Civilis,
Rembrandt (1606-1669)

Les orientations politiques expliquent aisément la plus forte présence de telle ou telle théorie du complot. Ainsi, selon un sondage de 2008, l’idée que ce sont les Américains eux-mêmes qui ont organisé les attentats du 11-Septembre trouve plus d’adeptes à l’extrême gauche (17 %) et à gauche (14 %) qu’à droite (7 %) et à l’extrême droite (9 % pour le FN) [19]. La forte opposition de la gauche française à la politique de George Bush explique ce choix. À l’inverse, l’idée que « certains groupes religieux manœuvrent en coulisse » trouve plus d’écho à l’extrême droite (33 % des électeurs de Marine Le Pen, selon un sondage de 2012) – en raison de l’islamophobie et sans doute aussi de l’antisémitisme – qu’à gauche (15 %) et à l’extrême gauche (18 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon) [16].

Le conspirationnisme, une forme de superstition

Dans son ouvrage Conjectures et réfutations, l’épistémologue Karl Popper considère que l’explication des phénomènes sociaux par l’action de groupes secrets est « un produit caractéristique du processus de laïcisation des superstitions religieuses. On ne croit plus aux machinations des divinités homériques, auxquelles on imputait les péripéties de la Guerre de Troie. Mais ce sont les Sages de Sion, les monopoles, les capitalistes ou les impérialistes qui ont pris la place des dieux de l’Olympe homérique » [20].

La superstition est associée à un sentiment d’impuissance à maîtriser les événements [21]. Comme il n’est pas satisfaisant pour l’esprit humain d’expliquer les choses par le hasard ou par des causalités complexes, les notions de chance et de malchance apportent une réponse simple et acceptable. Un sondage d’opinion révèle que 66 % des personnes interrogées pensent qu’elles ont le contrôle de leur vie, autrement dit 34 % croient que des forces extérieures à elles déterminent leur existence [2]. C’est sur ce sentiment que prospèrent la superstition et le conspirationnisme. Le conspirationnisme est aux événements historiques ce que la superstition est à la vie quotidienne : un abandon de la possibilité de prendre en charge sa destinée au profit de la croyance en des forces occultes qui nous manipulent et nous dépassent.

Références


1 | Boudon R, Raison, bonnes raisons, PUF, 2003.
2 | Cheurfa M, Chanvril F, « 2009-2019 : la crise de la confiance politique », Cevipof, 2019.
3 | Watier P, Éloge de la confiance, Belin, 2008.
4 | Sofres, « Le baromètre de confiance dans les médias », 2015.
5 | « Soupçonné d’avoir écrit de faux reportages, un journaliste canadien est suspendu », France Info avec AFP, 24 mai 2015.
6 | Documentaire télévisé de Bertrand Delais, « Présidentielles 1988, l’élection des illusions perdues ? », 2014.
7 | Mignot E, « Le bac option complot », Le Monde, 20 avril 2014.
8 | « Baromètre Science et Société : les scientifiques de moins en moins épargnés par la défiance des Français », enquête Ipsos pour l’Institut Sapiens, 3 décembre 2020.
9 | « Observatoire des enseignants : les contestations de la laïcité et les formes de séparatisme religieux à l’École », rapport d’étude pour la Fondation Jean Jaurès et Charlie Hebdo, décembre 2020.
10 | « Enquête sur le complotisme », Ifop, Fondation Jean-Jaurès, 2018.
11 | Renard J-B, Le merveilleux. Sociologie de l’extraordinaire, CNRS Éditions, 2011.
12 | “Most Americans think John F. Kennedy slain in conspiracy, poll finds”, Associated Press, 11 mai 2013.
13 | Hargroce T, “Third of Americans suspect 9-11 government conspiracy”, Scripps Howard News Service, 2006.
14 |“Landing a Man on the Moon : The Public’s View”, sondage Gallup, 20 juillet 1999.
15 | Inglehart R, “Extremist Political Positions and Perceptions of Conspiracy”, in Graumann CF, Moscovici S (eds), Changing Conceptions of Conspiracy, Springer-Verlag, 1987, 231-44.
16 | Parienté J, « La moitié des Français croient aux théories du complot », Le Monde, 3 mai 2013 (sondage Opinion Way Counterpoint).
17 | Gombin J, “Conspiracy Theories in France”, rapport, Counterpoint, 3 mai 2013.
18 | « Dossier Conspirationnisme : le boulet de la critique sociale », Alternative libertaire, 1er novembre 2009.
19 |« Les Français et la théorie du complot concernant les attentats du 11 septembre », Nouvel Obs, 9-10 septembre 2008 (sondage Sofres Nouvel Obs).
20 | Popper KL, Conjectures et réfutations. La croissance du savoir scientifique, 1963, traduction française de Launay M-I, de Launay M-B, Payot, 1985.
21 | Renard JB, « L’idée de chance : attitudes et superstitions », Diogène, 1987, 140 :106-30.

1 Par exemple, la fausse interview de Fidel Castro présentée comme « exclusive » par le journaliste Patrick Poivre d’Arvor en 1991, mais qui était en réalité un montage où les réponses du dirigeant cubain lors d’une conférence de presse ont été montées sur des questions du journaliste enregistrées par la suite.

Publié dans le n° 337 de la revue


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L' auteur

Jean-Bruno Renard

Professeur émérite de sociologie (université Paul-Valéry, Montpellier 3). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les (...)

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Conspirationnisme et théories du complot sont des concepts aux frontières parfois floues. L’accusation de « complotisme » sert aussi souvent dans les controverses d’argument pour disqualifier un contradicteur. Et il ne faut pas confondre toute croyance infondée, voire absurde, avec une croyance à un complot. La sociologue Eva Soteras propose ainsi quatre « piliers » qui peuvent permettre de caractériser une théorie du complot : 1. l’absence de hasard ou de coïncidences ; 2. tous les événements sont le fruit d’actions cachées (« à qui profite le crime ? ») ; 3. tout n’est qu’illusion (« on nous ment ») 4. et tous les événements qui font l’histoire sont liés entre eux.