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Du bon usage de la généralisation

Publié en ligne le 19 avril 2022 - Esprit critique et zététique - Science
Nous vous suggérons de faire l’expérience ludique et interactive proposée en cliquant sur ce lien, avant de lire la suite.

Lorsqu’on réalise une expérience scientifique ou un sondage sur un panel d’individus, se pose la question de la portée des résultats obtenus et de leur généralisation à un groupe de personnes plus important. Pour s’assurer de la validité des conclusions qu’on peut déduire d’un effectif, forcément limité, les protocoles scientifiques mis en œuvre sélectionnent un groupe de personnes représentatif et mettent en œuvre des traitements statistiques complexes visant à s’affranchir autant que possible des inévitables biais. Les expériences sont parfois répétées pour limiter les effets du hasard. En outre, chaque expérience ou sondage possède un cadre d’interprétation qui fixe les conditions d’application des résultats. Par exemple, les résultats d’une expérience portant sur des adultes ne pourront pas forcément être transposés à une population d’enfants.

La question de la généralisation d’une observation se pose également à chacun d’entre nous dans la vie quotidienne. Des témoignages ou de simples observations ne peuvent suffire à établir des généralités. Un témoignage est subjectif et soumis à de nombreux biais cognitifs et les témoins, ou les observations que nous pouvons faire, ne sont probablement pas représentatifs de l’ensemble d’une population.

Catégorisation et généralisation

Cependant, notre cerveau a tendance à vouloir malgré tout catégoriser et rapprocher les informations qui semblent avoir un lien. C’est un processus cognitif naturel qui incite à généraliser à une catégorie entière (par exemple les chiens) des caractéristiques d’un ou plusieurs membres particuliers de la catégorie (mon chien).

Au quotidien, ce processus de catégorisation a ses avantages dans de nombreuses situations en permettant d’appliquer les résultats d’une situation à une autre jugée similaire. Mais cette extrapolation peut ne pas être pertinente. C’est ainsi une généralisation abusive quand on mentionne « les gens » à partir d’un cas, quand on mentionne « les industriels » à partir de quelques entreprises, quand on évoque « les Français » en ne considérant qu’une partie d’entre eux. Les médias aussi procèdent trop souvent par généralisation abusive quand ils illustrent un sujet d’actualité en interviewant des individus dans la rue. Quand un magazine titre « Micro-trottoir : Que pensent les hommes des inégalités salariales ? » [1], il n’apporte aucun argument permettant de répondre à la question posée.

Dans le cas du triangle des Bermudes (voir l’activité proposée), extrapoler la situation de poches de gaz en Sibérie au cas du triangle des Bermudes, sans vérifier la validité scientifique de ce lien, c’est faire une extrapolation abusive.

Référence


1 | « Micro-trottoir : que pensent les hommes des inégalités salariales ? », Marie-Claire, 2011. Sur marieclaire.fr


Publié dans le n° 338 de la revue


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L' auteur

À seconde vue

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