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SPS 352

Éclairage scientifique des débats de société

Publié en ligne le 9 avril 2025 - Science et médias -
Avis, rapports et expertises collectives

L’Afis entend apporter un éclairage scientifique sur les débats de société. Dans ce contexte, présenter les avis et analyses des institutions scientifiques, des agences sanitaires ou des rapports d’expertise collective est un élément incontournable du débat public. Il est bien entendu possible de les approuver ou au contraire, de les critiquer, mais leur restitution est un élément indispensable de l’information scientifique.

Une version plus complète de cette veille, adressée aux adhérents de l’Afis, peut être obtenue sur demande.

Réalisé par Flora Danan, étudiante en master Lettres, écriture, culture, médias (Université Sorbonne Nouvelle) en stage à la rédaction de Science et pseudo-sciences

Santé et médecine

« Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques (MVT) »
Communiqué de l’Académie nationale de médecine (3 décembre 2024)

Recommandation de bonne pratique (actualisation), Haute Autorité de santé (février 2025)

Face à une errance diagnostique et à la souffrance des patients, et devant les recommandations insuffisamment explicites de la HAS publiées en 2018, 24 sociétés savantes avaient réclamé aux tutelles de santé une clarification de leur position. La HAS vient de rendre publiques ses nouvelles recommandations. En particulier, le concept flou et controversé de « syndrome persistant polymorphe après possible piqûre de tique » (SPPT) a été abandonné au profit du terme internationalement reconnu de « syndrome post-borréliose de Lyme traitée » ou PTLDS (post-treatment Lyme disease syndrome), qui suppose une maladie de Lyme effectivement diagnostiquée par les tests reconnus et traitée. Science et pseudo-sciences reviendra sur ces nouvelles recommandations.

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« Campagne vaccinale contre les infections à papillomavirus humains (HPV) : l’ensemble des données disponibles à ce jour confirment que le vaccin Gardasil 9 est sûr et efficace »
Communiqué de l’Académie nationale de médecine (3 décembre 2024)

Communiqué de l’ANSM (février 2025)

Les infections à papillomavirus humains (HPV) sont parmi les infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes et sont à l’origine de cancers. La vaccination des jeunes âgés de 11 à 19 ans est fortement recommandée et prévient jusqu’à 90 % des infections à HPV. Son efficacité est proche de 100 % lorsqu’elle est effectuée avant le début de la vie sexuelle. Des campagnes médiatiques ont tenté de jeter le doute sur la sécurité et l’efficacité des vaccins, en particulier du Gardasil 9. Dans le cadre de la surveillance renforcée de ce produit, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) constate que l’ensemble des données disponibles à ce jour confirment que le vaccin est sûr et efficace.

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« Vacciner les seniors : un devoir de prévention négligé »

Communiqué de l’Académie nationale de médecine (janvier 2025)

La vaccination chez les seniors est encore faible malgré la prise en charge par l’assurance maladie. En effet, 79 % des personnes hospitalisées lors de l’épidémie de grippe de janvier 2025 n’ont pas été vaccinées, et ce en dépit des taux élevés de maladies infectieuses après 65 ans. L’Académie de médecine préconise que la vaccination chez les plus de 70 ans devienne un enjeu de santé publique et propose six recommandations à appliquer dans les politiques publiques afin d’encourager les comportements responsables (cinq maladies cibles, mise à jour du statut vaccinal, carnet de vaccination numérique, augmentation du taux de couverture vaccinale chez les professionnels de santé en contact avec les personnes âgées).

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« Délai de publication des résultats des essais cliniques »

Étude Cochrane (novembre 2024)

Les études Cochrane sont des revues systématiques rigoureuses de la littérature médicale. Celle-ci montre qu’à peine plus de la moitié des 165 135 essais examinés a donné lieu à publication d’articles scientifiques. Les facteurs pouvant rendre la publication plus probable et plus rapide sont les résultats positifs, la grande taille de l’échantillon et le fait d’être financée par des sources non industrielles. Cette situation entraîne un biais de publication et un biais temporel qui peuvent influencer les résultats et donc, à terme, affecter les décisions.

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« Caractérisation et évaluation des impacts sur la santé de la consommation d’aliments dits ultra-transformés »

Avis de l’Anses (novembre 2024)

Les aliments dits ultra-transformés, concept qui reste à étayer scientifiquement, font partie de l’offre alimentaire mais suscitent des préoccupations pour la santé. L’Anses identifie des signaux suggérant un lien entre la consommation de tels aliments et un risque plus élevé de développer des maladies chroniques. Elle conclut, avec un niveau de preuves faible, qu’une consommation plus élevée d’aliments qualifiés d’ultra-transformés selon la classification Nova – la plus fréquemment utilisée – est associée à un risque plus élevé de mortalité et de certaines maladies chroniques. Il s’agit à présent d’identifier les mécanismes qui sous-tendent ces risques.

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Alimentation et agriculture

« Vue d’ensemble de l’épidémie de grippe aviaire entre septembre et décembre 2024 »

Rapport scientifique de l’Agence européenne de sécurité des aliments (décembre 2024)

Ce rapport présente les conclusions de l’Efsa et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies concernant les nouveaux foyers de grippe aviaire signalés en Europe et dans le monde entre septembre et décembre 2024. Les principaux foyers d’Europe ont été trouvés dans les zones à forte concentration d’élevages de volaille, mais ont également été détectés chez les bovins aux États-Unis. Le risque de transmission à l’Homme semble toutefois faible.

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« Vers un avenir plus sain pour tous. Progrès en matière de santé animale pour contenir la résistance aux antimicrobiens »

Rapport de l’Organisation mondiale de la santé animale (novembre 2024)

Les antimicrobiens sont des médicaments essentiels pour prévenir et traiter les maladies infectieuses, mais le développement de résistances menace leur efficacité, posant un risque pour la santé humaine, animale et environnementale. Le rapport tire le bilan des actions menées et de nombreux exemples sont donnés et chiffrés pour illustrer les très importants progrès réalisés. Toutefois, les efforts doivent être maintenus et encore accrus en promouvant l’utilisation responsable des antimicrobiens et en renforçant les mesures préventives.

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Énergie, climat et environnement

« Les retardateurs de flammes bromés aromatiques »


Rapport d’investigation de l’Agence européenne des produits chimiques (décembre 2024)

Les retardateurs de flammes bromés (ABFR en anglais) sont des produits chimiques ajoutés à divers matériaux polymères pour empêcher la propagation d’incendies. Ils sont utilisés dans de nombreuses industries comme l’électronique, le bâtiment et le textile. La réduction des rejets d’ABFR constitue un enjeu pour l’environnement en raison de leur persistance, leur bioaccumulation et leur toxicité. Ce rapport fournit des informations sur les composés chimiques présents dans les ABFR et explique en quoi leur utilisation doit être régulée afin de diminuer leur impact polluant. Il propose également certaines alternatives et apporte des préconisations sur le recyclage.

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« Bulletin de situation des nappes d’eau souterraine »


Bureau de recherches géologiques et minières (janvier 2025)

Ce rapport présente les tendances de situation des nappes phréatiques en 2024 par rapport à l’année précédente. Grâce à une forte pluviométrie, il apparaît que 67 % des points de relevés ont montré un niveau en hausse. Il compare l’évolution du niveau des différents types de nappes et dresse les prévisions pour la saison à venir.

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« Interconnexions entre la biodiversité, l’eau, l’alimentation et la santé »


Rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (décembre 2024)

Ce rapport « Nexus » de l’IPBES (147 pays membres) traite des interconnexions entre la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et le changement climatique. Issu de la réflexion de 165 experts internationaux, il constate que les mesures existantes ne parviennent pas à résoudre la complexité des problèmes interdépendants et se traduisent par une gouvernance incohérente. Sur la base de plusieurs dizaines de chiffres clés, il propose 70 « options de réponse ».

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« Le nucléaire face à une nouvelle ère »


Rapport de l’Agence internationale de l’énergie (janvier 2025)

Ce rapport explore les opportunités pour l’énergie nucléaire de répondre aux préoccupations de sécurité énergétique et aux enjeux climatiques, soulignant les défis et les besoins en matière de politiques publiques, d’innovation et de financement. L’énergie nucléaire, bien que confrontée à des obstacles récents, connaît un regain d’intérêt grâce à des investissements croissants et à des avancées technologiques dans plus de 40 pays. Pour que le nucléaire joue un rôle clé dans le futur paysage énergétique, le rapport met en avant l’importance de l’innovation continue, du soutien gouvernemental et de nouveaux modèles économiques, notamment pour les petits réacteurs modulaires.

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« Préserver la qualité des sols : vers un référentiel d’indicateurs.
Synthèse du rapport scientifique de l’étude »


Rapport d’expertise de l’Inrae avec neuf organismes de recherche français et canadiens (novembre 2024)

Ce rapport fait la synthèse d’une étude visant à déterminer des indicateurs d’évaluation de la qualité des sols pouvant être mobilisés en appui des politiques publiques. Il clarifie les différentes dimensions qui constituent la qualité et la santé des sols et présente la manière dont on peut les mobiliser dans tous les secteurs.

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Numérique et intelligence artificielle

« Le numérique face à lui-même : comment l’Inria agit pour une transition durable »


Communication de l’Inria (janvier 2025)

Le programme « Numérique et environnement » lancé en 2022 se concentre sur les grands défis du numérique pour l’environnement dans les projets menés par l’Inria. Son but est notamment de mesurer l’impact environnemental du numérique afin de mieux le maîtriser dans les années à venir. Il prévoit un ensemble de contributions scientifiques et techniques, un accompagnement des politiques publiques et la diffusion de connaissances à travers des programmes de formation et sensibilisation.

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« IA et désinformation »


Rapport de l’Académie des technologies (décembre 2024)
Avis du Comité d’éthique du CNRS (juillet 2024)

Ce rapport examine les défis posés par la désinformation exacerbée par les technologies numériques et l’intelligence artificielle (IA). Il souligne que l’IA générative peut amplifier cette désinformation en produisant des contenus trompeurs, bien que des outils existent pour la détecter. L’Europe est en avance dans la régulation contre la désinformation, avec des lois comme le Digital Services Act. Le rapport propose des actions dans l’éducation, la recherche, les médias et la sécurité pour lutter contre ce phénomène.

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« Le phénomène d’attachement aux robots dits “sociaux”. Pour une vigilance de la recherche scientifique »

Cet avis porte sur les robots dits « sociaux » tels que les chatbot et certains types d’intelligence artificielle utilisés dans les outils de télécommunication indispensables au quotidien. Il questionne l’impact psychologique de l’anthropomorphisation de tels outils et met en garde contre la dépendance, l’emprise et la désocialisation. Le comité appelle à la vigilance des concepteurs et des pouvoirs publics, en proposant un ensemble de recommandations visant à ce que ces machines soient développées dans un cadre éthique et régulé.

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Publié dans le n° 352 de la revue


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